Yuan-Shù d'après Bretschneider, p
2. Rogerii Carmen Miserabile; dans la colleclion Pertz, t. XXIX, h partir de la page 449.
pour fairç payer des impôts aux pauvres gens; toutes ces histoires venaient de la faute des païens Kiptchak; il ne fallait pas se gêner pour les assommer. Le pape n'avait qu*à parler, et les Mongols se sauveraient à tous les diables. En 1233, rinnocent Rubruquis écrit encore, dans un livre destiné à saint Louis, et pour faire la cour au roi, cette énormité : « Si Tartari audirent quod magnus sacerdos, hoc est papa, faceret crucesignari contra eos, omnes fugerent *. » C est avec de pareilles fariboles qu'on enflammait les Hongrois en 1241; le Pape allait faire croiser; lesTartares s'enfuieraient à celte seule nouvelle. Le parti allemand qui voulait livrer la Hongrie à Tarchiduc Frédéric d'Autriche, augmentait encore le désordre. C'est à peine si le conseil du roi Bêla daigna lire la lettre que lui adressait Batou Khan, au nom de Kaan d*Ogodaï. La lettre avait été remise à Youri (Georges), duc de Souzdal, vassal mongol, qui la fit porter par un moine, un frère prêcheur nommé Julianus. Mathieu Paris dit que la lettre fut remise par un templier anglais au service tatare'; de pareils aventuriers n'étaient pas rares; les Mongols étaient assaillis de faiseurs de projets, d'intrigants de toute espèce et de toute origine, ecclésiastiques aussi bien que laïques. Le bon Rubruquis, après avoir raconté la très peu édifiante histoire d*un écornifleur de ce genre, un clerc de Saint-Jean-d'Acre nommé Théodule, qui se faisait appeler Raymond, et qui essaya d'exploiter Meungke Kaan, ajoute mélancoliquement que « pareils Irufeurs courent le monde »; les Mongols faisaient justice expéditive do
i. Rubruquis, p. 2i7.
2. Yves de Nnrlionnc a tu, parmi le;* huit prisonniers faits par les Ailemandfl à un détachement mongol en reconnaissance sur Vienne, les seuls (|ue les Allemands ont pris, un Anglais qui parlait, dit-il, le hongrois, le russe, l'allemand, le coman (turc kiptchak), le sarrasin (aralie, ou plulAt persan) et le mongol. CV»tle mot mongol et turc pour inlerpivle, • TUmadj •, qui a prt'valu en allemand, • Dolmet^ch •. Au sud, on a pris le mol arabe Terdjimnn^ « Drogman ■.
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ces coquins, lorsqu*ils les prenaient la main dans le sac : « Taies trufatorcs currunt per mundum, quos Moal interficiunt cum possunl eos deprehendere '. »
La lettre envoyée par Batou, comme toutes les missives mongoles de ce genre, était, en réalité, un manifeste destiné aux populations autant qu'au roi. On avait eu la rouerie de récrire « en caractères païens », c'est-à-dire en oïgour, que les Kiptchak comprenaient parfaitement, quand on n'était pas embarrassé de trouver nombre de secrétaires pour l'écrire en latin, en russe ou simplement en magyar; mais il s'agissait de semer la zizanie entre Kiptchak et Hongrois. « Je suis surpris que vous, roi de Hongrie, disait Gouyouk, vous n'ayez tenu aucun compte de trois envoyés que je vous ai adressés, et que je n'aie reçu de vous ni envoyé, ni lettre... Vous avez pris sous votre protection les Kiptchak qui sont nos sujets. Je vous somme de cesser de les héberger, et de ne pas vous brouiller avec moi pour l'amour d'eux. A eux qui n'ont pas de maisons et qui vivent sous des tentes, il sera plus facile de s'échapper qu'à vous autres qui demeurez dans des maisons» et qui êtes établis dans des villes. » Le résultat de cette lettre que personne, d'abord, n'avait pu lire dans l'entourage du roi Bêla, et que tout le monde avait lue en Hongrie, fut le massacre de Koutan, qui amena le résultat espéré par les Mongols, un soulèvement général des Kiptchak contre les Magyars et les Allemands : « Tiens, voilà pour Koutan! » criaient ces Turcs, quand ils sabraient un Allemand '. Les Mongols étaient si bien au courant de tout que dans leur invasion, au lieu d'aller d'abord à Gran, la capitale politique et militaire, ils coururent à Pest', la ville allemande et l'entrepôt commercial, semant ainsi la méfiance entre Alle-