Yuan-Shi. d'après Bretschneider, p
4. • Licet aiitem maxima esset multitudo eorum, major tamen in iilo certamine fuisse dicitiir copia L'ngarorum. Sed non csl grns in mtindo qtiœ ita sciât, maxime in campestri confliclu hostes cvinccre, sive virtute, siveeagaci- (alc pugnando. - (Thomas de Spalato, Mon. Oerm., p. 609.)
LBS MONGOLS 371
Bohème à T Adriatique; en trois jours (9-11 avril), sur la Wahlstatl à la Katzbach el sur le pré de Molli au Sayo» ils avaient anéanti tout ce que la belliqueuse Pologne, l'intrépide Hongrie, la Saxe robuste, le Brandebourg, la Marche, la Silésie, la Bohème, TËsclavonie, avaient pu réunir de gens de guerre, et avec eux, la foule batailleuse que la piété, la curiosité, le goût dos aventures lointaines, avaient lancée aux combats de la chrétienté contre les barbares : moines soldats, Templiers etTeutoniques, chevaliers d*Autriche, de Thuringe, de Bavière, aventuriers de France, d'Italie, d'Espagne; la seule armée qui leur eût échappé, celle de Venceslas, ils Tavaienl fait déguerpir devant leurs fourrageurs, et la laissaient dédaigneusement se morfondre, blottie dans les gorges des monts de Bohème. Les impeccables manœuvriers de Souboutaï avaient marché le plan du grand capitaine aussi exactement, sur le terrain, par montagnes et vallées, fleuves et rivières, qu'il l'aurait tracé, avec son pinceau, sur un écran de (^hine. Sans une erreur, sans un retard, sans un à-coup, dans les trois journées décisives, Tcxtrëme droite mongole était à son poste sur la Katzbach, le 9 avril, en face du duc Henri, vingt-quatre heures avant le roi de Bohème; les quatre colonnes du centre et de la gauche, Cheïbane, par la Wolhynie, Souboutaï par la Galicie, Kadane par la Transylvanie, se donnaient la main» le 10, entre le Danube et la Theiss, et envoyaient déjà leurs flanqueurs par la Moravie, à la rencontre de ceux que Tarmce de Silésie détachait par sa gauche. Sur le champ de bataille, à chaque coup, la victoire avait élé entière, écrasante, pas un instant douteuse. Les rapides évolutions des escadrons turcs et mongols effaraient ces pesantes cohues du moyen âge, si diiliciles à mettre en mouvement; leur ordre silencieux ' les glaçait de stupeur; ils
1. Dana li*s armées inon^<>l(>«}, len ordres se donnaient par signaux; le commandement à la voix <*tait exce|»lionnel.
372 INTRODUCTION A L'UISTOIRE DE L'aSIE
avaient peur de ces armées mueltes, immobiles, qui tout a coup se déteudaient comme ud engin meurtrier, sans qu'on pût s'attendre à la détente :
Gobors, falanx, legio, exarcus,
Stat, pugnat, silet : imperat monarcus >.
11 faut lire, dans le très intelligent mémoire de Plan Carpin, les conseils qu'il donne en cas de guerre contre les Mongols '; ils sont purement négatifs, et aboutissent à copier exactement Tennemi, ou ne pas faire la guerre du tout. En 1241, la .question militaire est jugée; quand on voit arriver les fanions blancs et noirs ^ on sait qu'on sera batlu.
On trouvera dans Thomas de Spalato (p. 592 à 595) le récit lamentable de la fuite du roi Bêla, errant sous le costume de pèlerin, rançonné par Tarchiduc, traqué par les colonnes mongoles sous Kadane, de Glissa à Spalato, puis à Trau, et finalement dans un ilôt de TAdriatique où il n'osa même pas rester. D'avril 1241 à juin 1242, il n y eut plus d'autre gouvernement, en Hongrie et dans les pays adjacents, que celui de Batou. L'armée de Silésie avait rejoint dès le mois de mai. L'empereur et le pape, pour des motifs très différents, étaient, au fond, complices des Mongols; ils comptaient sur eux, l'un et l'autre, et Tun contre l'autre. La Hongrie, la Dalmalie, l'Islrie, la Serbie, TEsclavonie, payèrent les frais de l'occupation mongole. Pest fut pris, Gran rimprenable fut pris malgré la défense désespérée de ses milices, et de ses mercenaires français et lombards S le
!. Carinina de regnoUngaria* deslruclo per Tarlaros. — Dans Perl2,l. XXIX, p. 603.