Plan Carpin, p
3. Thomas de Spalato, p. 591 : vexilla nigro alboque colore dislincta.
4. • Et erat in civUalc illa populus infinitiM, et burgenses ditissimi, milites nobiles et domino, que illic convcnerant vcliil ad prasidium singularc..., et Prancigene ac Lombardi, qui quasi crant domini civitatis. • (Uoger, p. r>r)5.)
pays au delà du Danube, occupé pendant plus d*un an, jusqu'en Carinthie et aux Marches Trévisanes '.
Les Vénitiens, si près d'Udine par terre, n*eurent pas Tombre d*émotion; ils savaient à quoi s'en tenir; aux questionneurs trop curieux, ces discrets marins répondaient par des phrases à double entente, par des réticences parfois menaçantes : « S'ils voulaient, ils pouvaient faire beaucoup de mal au roi de Hongrie; pour Tamour de la chrétienté, ils le laissaient '. » Dans le fait. Bêla les supplia, et ils ne firent rien pour lui. Mais que le pape, mais que l'empereur, soient restés si tranquilles, mais que les Mongols n'aient pas marché sur Vienne, et que tout se soit borné, entre les Impériaux et eux, à des escarmouches qui ont Tair d*èlre réglées d'avance, et où le grand chef tartare, fait prisonnier, est un Templier anglais, voilà le myslëre que je donne à expliquer aux chercheurs. Il est vrai que la terreur mililaire inspirée par les Mongols explique bien des choses; personne n'avait envie de servir, comme sujet de démonstration, aux leçons de stratégie données par Souboutaï à ses élèves.
Les Mongols, pendant leur séjour en Hongrie, ont fait acte de gouvernement, mais non de souveraineté dans leurs formes régulières, puisqu'ils n'ont pas installé de préfets ou Darogas; — mais ils ont scellé des actes publics, chose
f . Lps braves de Kadanc essayèrent de renouveler l'exploit de Souboutaï aux bouches du Volxa, et de passer un bras de l'Adriatique à la nage : « Dux (^>danus t«Mn}i(nbal, ni posset equilando transire, scd cum cognovisset, <|uod aqua il la, prr quam civitas a terra dirimitur« propter limi profunditalem tnvadibilis erat, relraxit se. - (Thomas, p. 504.)
A Glissa, les Mongols venaifril de monter à ras<aut du château, situé sur un rof'her qui pa**<ait pour inaccessible, en rampant sur les mains, pendant que 1rs doTen^curs faisaient rouler dVnormes pierres sur eux : h ceperunt replantes manibiK ad superiora conscendere. Castra vcro ingénies lapides re vol ventes,., i. (Thomas, ibid,)
2. • Rex.... oui Veneli, divino inluiUi, cum multaergaeum agere potutssent, nihil injuriieilli inlultrunt • (Oandolo, dans Murnton, Rerum italicamm scriptore*, t. .XII, col. 3ri4'. C'est un demi-aveu. Les Vénitiens trouvaient déjà bien beau de ne pas • faire de mal au roi •, c'est-A-dJre de ne pas prêter leurs vaisseaux aux Mongoi«.
assez singulière, au nom du roi national en fuite : « Reperto sigillo régis pênes Cancellarium... fecerunt scribî per quosdam clericos Hungaros, quos adhuc ad vilain servaverant, majoribus omnibus et popularibus per totam Hungariam existentibus sub nomine régis multifaria (iciicia liltera* rum;... He fuerunt litière per quosdam ilungaros, qui jam eis adheserant, deslinate, que me ac totam Hungariam destruxerunt '. » Roger juge que les Mongols agirent par fraude et ruse de guerre, pour retenir les gens dans leurs foyers ou les y ramener, afin de les tenir en main et de les dépouiller à Taise. Mais c'était la pratique constante, chez les formalistes mongols, d'user des sceaux indigènes avant Tinstalla* tion en forme de leurs Darogas, au nom du Kaan; ils avaient déjà une chancellerie magyare, « quosdam clericos Hungaros ' »y des Magyars dévoués à leur service, a quosdam Hungaros qui jam eis accesserant ». Il leur fallait maintenir la population sur place pour obtenir leurs corvées et leurs réquisitions. Roger, qui a fait sa soumission sous caution d*un Hongrois rallié, et qui a làté de la corvée ', reconnaît qu'ils ne détruisaient pas tout cl que les corvées regimbaient : (c Nec fruges nec slramina nec domos aliquascombusserunt... Populos vivcre ad tempus dimiserant ad caulelam, ut in unum segetcs congregarent et vindemiarent vineas, sed noie-
4. Roger, Misemlfile Carmen, colleclion Pcrtz, t. XXIX, p. 559 cl 560.
2. On a vu, dans (iuiragos (p. 230), comment ils rc(|uisilionnaient des scribes. • Le Vartabed demanda aussi notre liberté en payant notre rançon avec la sienne, mais ils n'y consentirent pas, prétendant que je leur étais nécessaire pour écrire et lire leurs lettres : Quand vous nous donneriez beaucoup d'argent, ajoutèrent-ils, nous ne le rendrions pas... Molar Noïan (c'est le capitaine qui a réquisitionné liuiragos) me dit : N'aie pas de chagrin du départ de ton vieux maître. Nous ne Tavuns {»as laissé partir avec lui parce que tu nous es utile, je relèverai au-dessus de mes plus grands oHiciers •..., il me fit donner une lente et deux jeunes garcouh pour me servir. Il ajouta : • Demain, tu auras un cheval, et je le rendrai content, mais sois-nous fidèle. •
3. • Dilionl cujusdam llungari facti, operibtis Tartari me submisi, qui ut scrvuni admilerc pro magna gratis me est dignatus - (p. 304).
bant, quod illi consumèrent congregata. » A coups de fouet, de plat de sabre^les Mongols firent vendanger leurs vignobles de Tokay par ces vilains récalcitrants. Pour mener tout ce monde, ils avaient organisé une espèce de gouvernement provisoire; ils avaient invité les villes à élire dos baillis, que Roger appelle Caue$ii\ et qui représentaient l'autorité civile, faisaient eux-mêmes les réquisitions habituelles, chevaux, grains et bétail, étofles et vêtements; les Canesii étaient, en plus, chargés du désarmement réglementaire en pays conquis; ils se réunissaient tous les huit jours, et recevaient les réclamations, rendant justice assez exactement, de Taveu des vaincus. » Nous avions paix et marché, et à un chacun, on faisait droit », dit Roger '. Les transactions étaient même assez régulières pour que, dans leur court séjour en Hongrie, les Mongols aient fait adopter un nouveau type monétaire, copié sur la sapèque chinoise '. A coup sûr, les garnisaires du « Débonnaire 3> payaient, à l'occasion, chez le bourgeois, puisque la monnaie que Tinvasion mongole a introduite en Hongrie n'est pas Tinévilable assignat chinois à cours forcé, ni le dinar persan pu le florin vénitien, mais la monnaie de billon, le sou de poche que dépense le simple soldat.
On dirait qu'il y eut, pendant celte occupation de la Hongrie par les Asiatiques, comme un retour d'atavisme chez les Magyars. Aux Turcs, aux Mongols, le pays plaisait infiniment; la Puzsta, la lande hongroise, telle qu'ils l'avaient vue, au lendemain de la victoire, au soleil do mai, verdoyante et bariolée de fleurs, c'était VOilak, « Therbage », du Pé-Lou, et les grands bois, sur les conlreforls des ('arpathes, ressem-
1. • Conslilurrant Cani^^ius, id rnt lialivins. • iioger, p. rir>3).
2. • Parf*m hatirhamus (*t fora, jiistat^up uniruiqtic ju.slitia scrvabalur. • (R«»K«*r« p. oh2,)
3. Slrako<i<*li, p. irvi : • Ihre Kiipfermiinrr kam in rnt,rarn in l'mlauf, \<n% fur (lit* Ufschit^hlp îles Miinzwesen.s in L'iiKarn xon b«'iIoutunK ^'('worden i»l*; — d'après Karaliaivk, • Uvr unnullcllinrc KinRiKs ilcr Mongolisrlien inva«>ion auf die Mùn7.verh4UlDis>se Lngarns -«daii» SututsifuitiM-hc Zritschri/ifW, 4U*51.
blaient tant à la « forêt d'en haut », au cher Altaï, si loin, là-bas; ils se sentaient chez eux. Le pré, Therbe, leur parlaient; tout leur était familier; ces monades que le czikos magyar, le pâtre demi-nomade, lançait au galop, à travers \di puzsta bariolée à perte de vue, c'était le Taboun^ le troupeau de chevaux demi-sauvages avec lequel ils avaient couru, dans leur enfance, sur la steppe, avant de se faire gens d'armes et de conquérir le monde à la solde du Kaan. Â eux qui avaient vu tant de peuples, entendu tant de langages, l'air de famille, chez les Magyars, ne pouvait échapper; les mots turcs de leur parlure, quelque broderie dans le harnachement d'un cheval, quelque nœud dans l'ajustement d'une ceinture, dans la couture d'une botte, ne les trompaient pas; c'était de chez eux ; pas un cavalier kirghiz ne pouvait méconnaître la parenté entre son ichakane (marteau d'armes) et le fogoch d'un Magyar; pas un Turc n'était embarrassé pour comprendre les trois quarts des mots qu'un Hongrois disait devant lui, dans sa langue, pour nommer les bètes et les ustensiles d'un berger. Il y avait une espèce de sympathie latente; au milieu de toutes les brutalités, des égorgements, dos incendies, le sang touranien se reconnaissait. Les Mongols s'acharnèrent particulièrement contre tes Allemands, les Slaves et les Roumains *; aux Magyars de pur sang, ils firent presque des avances, les traitèrent en frères ignorants, en brebis égarées qu'il fallait ramener dans la bonne voie; la preuve des tentations mongoles sur la conscience hongroise
\, M. Strakosch-Grassmann a très clairement disot'rné celte difTêrence de traitement : « Zu bcmerken isl noch, dass von den hcute vorhnndenen Urkunden dcr deutsrhen StTidlc des Berglands von Oherungarn keine einzige ubor die Zeit des Mongolensturmes zuriïckreioht, was sehr bedachl xu wcrden verdient bei der angstlichcn Sor^falt, mil der dièse SlAdu* ihre Urkiinden, atif dcnen ihr ganzes politisches Dasein nihte, als ihr kosUiarsIcs Kleinod hfilelen,« (Strakosch, p. 158.,^ — Les Mongols ont détruit impitoyablement les établissements allemands et slaves en Hongrie, et ont généralement ménagé les villes magyares.
est faite par la contre-parlie, par la familiarité avec laquelle beaucoup de ces fiers et vaillants Magyars, si revëches à tous étrangers ', se laissèrent aller envers Tenvahisseur asiatique. Roger raconte qu'ils amenaient leurs jolies filles aux « Canesii », pour se faire bien venir des Mongols ', et qu*en échange « ils ramenaient des moutons, des bœufs et des chevaux »; peut-être que la camaraderie des jolies filles magyares avec les gens d*armes et les capitaines turcs et mongols fut moins vénale, et que plus d*une paysanne de Hongrie vieillit grande dame en Perse, en Transoxiane ou en Chine.
Quand les Kiptchak restés en Uongrie eurent nouvelles de ce bon vin qu'on buvait aux armées, ils comprirent que le Kaan était vraiment le fils du Ciel; là notion de fraternité entre eux et tous ces Turcs, qui parlaient leur langage, leur parut claire; ils accoururent, en foule, sous le drapeau mongol; après tout, le « Débonnaire » ne pouvait rien dire; ces Kiptchak étaient ses sujets, et il n*avait point d*instruclions pour garder la Hongrie; il ne demandait qu*à s*en aller, à rejoindre Gouyouk et Meungke, sur la route de Pékin, à Karakoroumoù ils intriguaient peut-être déjà contre lui, à se venger du brutal Buri '.
La Hongrie fut mise en coupe réglée, horriblement pillée par tous ces gons qui s'attendaient à partir du jour au lendemain, et qui n'espéraient ni fiefs, ni places dans le pays. Roger a vu passer le pillage, les interminables files de charrettes chargées de butin : « Conspexi Comanos inlinitos, et
1. • 0|»|>ri'SH<)re8 ailvenaruin. • Planetiis desilrurlionis, Nciics Art*hiv, 11, |i. Crll, et Slrakosrh, p. «50.