Itachid, p. 121-123 et suiv
3. On ot)scrvera qu*il nV'st plus maintenant question du testament de TchinKliiz Klian, dont Plan Carpin parle encore quatre ans avant, du vivant de Gouyouk, en 1246. C*e>t Meungke qui forme le projet - lui-même -,
la mort de Meungke, disloquait Tcmpire mongol. Ses rivaux, Kaïdou et Arik Bouka, le virent clairement; d*où la guerre acharnée qu'ils lui firent.
A Test, Tempire des Soug restait à conquérir, la Chine massive, ruche énorme et compacte qu'il fallait prendre alvéole par alvéole; on y mit Khoubilaï, et on comprit dans son déparlement « le Karadjang (Yun-Nan et Tonkin du Nord), le Tangout, le Tibet, le Koli (Corée) et la partie de rilindouslan qui confîne au Khataï ' (Chine du Nord) et au Matchin (le Manzi des Occidentaux, la Chine du Sud)... Il assigna pour département à son frère Houlagou les contrées occidentales telles que llran, la Syrie, TEgypte, le pays de Roum, r Arménie. » Dans celte distribution de Tempire ne figurent, ni les Etats de la maison de Djoudji (gouvernés à ce moment par Batou), le pays des steppes, « le Kiptchak », auquel on n'assigne pas de limites vers Touest, du côté de la Pologne, ni ceux de la maison de Djagataï, désormais étranglés entre les futurs Etals de Houlagou et de Khoubilaï, et le domaine national, à Karakoroum et en Pé-Lou. C'est ici que la porte est ouverte aux conilils; le Kiptchak oriental et le Djagataï ne vont pas tarder à redevenir ce qu'ils ont toujours été, aux grandes époques chinoises des Ilan et des Thang, aux grandes époques iraniennes des Keyanides et des Sassanides, ce qu'ils redeviendront un jour : des marches entre Iran et Touran, entre Chine et Europe.
On verra le tableau d'une mobilisation mongole, en 1250, dans l'esquisse précise que fait Rachid : « L'empereur ordonna que, sur toutes les troupes... on lev&l deux hommes sur dix, qui ne seraient point portés en ligne de compte ', et, formant le contingent de Houlagou, raccompagneraient dans
I. C'eHt-À-tiir* : le Karlimir, le Badakhclian. !«' Ouakhan, et le pays des Pamir, â. Oui ne RKureraienl plus sur les contrôle:» «Je l'armée im[)érialc.
330 INTRODUCTION A L'HISTOIRK DE L'aSIE
son expédition... Il envoya des courriers dans le Khataï pour faire venir de ce pays un millier de familles d'hommes habiles à dresser les machines de guerre, à lancer le naphle et à tirer l'arbalète ^ Avant le départ de Tarmée, d'autres courriers furent expédiés pour que depuis Karakoroura jusqu'au bord du Djeïhoun (Âmou Darya), dans tout Tespace où devait s'elTectuer le passage des troupes de Houlagou, on mit rinterdit sur les prairies et les pâturages, et Ton jetât des ponts solides sur les rivières et les torrents....; on prépara la provision de Tarmée, qui consistait en mille livres de farine et une outre de vin pour chaque soldat... Les émirs des différents cantons avaient préparé des approvisionnements qu'ils apportaient de station en station; dans toutes les contrées que les troupes devaient traverser, on avait soin d'enlever les pierres et d'arracher les broussailles... Dans chaque canton et chaque province, ceux des princes et des émirs qui étaient désignés pour accompagner Houlagou dans son expédition, s'occupaient à disposer et à exercer leurs troupes. »
La consigne que donne Meungke à son frère est tout à fait caractéristique : « ... Tu vas te rendre de la contrée du Touran dans les provinces de Tlran... Les Coutumes et le Yassak de Tchinghiz Khan, dans leur ensemble et leurs moindres parties, impose-les depuis les bords du Djeïhoun Amouyeh jusqu'à l'extrémité du pays d'Egypte *.,. Ne manque pas, dans toutes les circonstances, de consulter
1. Dans les armées mongoles, les artiiliers, artificiers el arbalétriers étaient Chinois. Ces spécialistes stipulaient dans leurs capitulations le droit d*emmener leur Tamille, qui était soldée, bien entendu. Joinvillc dit expressément que les femmes mongoles, aux armées, recevaient la paye. — Joinville,
2. Rachid, 140, texte, lii, trad. Malgré mon respect pour la traduction de Quatremère, je suis obligé de suivre Tordre de la construction, de serrer le texte de plus prhs dans cette phrase caractéristique, et de mettre Yassak, que l'auteur emploie et avec lequel le lecteur est maintenant familiarisé.
Dokouz Khatoun, et de prendre son avis. » Pour bien faire comprendre Timportance de ce dernier conseil, la soumission à Dokouz Khatoun, je donne ici des fragments de la notice que le musulman Rachid, dans un livre écrit pour des musulmans, consacre à cette princesse : « Elle appartenait à la grande nation des Kéraït, était fille de Ikou, (ils d'Ong
Khan Comme les Kéraït avaient depuis longtemps
embrassé le christianisme, Dokouz Khatoun s'attacha constamment à proléger les chrétiens, qui, durant toute sa vie, furent dans une situation florissante. Iloulagou, pour faire plaisir à cette princesse, comblait les chrétiens de ses bienfaits et des témoignages de sa considération; c'était au point que dans toute Tétendue de Tcmpire, on élevait journellement de nouvelles églises, et qu'à la porte de TOrdou de Dokouz Khatoun, une chapelle était constamment établie, et qu*on y sonnait les cloches '. » Le général qui commandait Tarmée mongole, le Naïmane Kit Bouka élait chrétien. En même temps que lavant-garde de Kit Bouka marchait contre le Khalife, les envoyés du Kaan allaient trouver saint Louis en Chypre. « Tandis que li roys sejornait en Cypre, vindrent li messaîge des Tartarins à li, et li firent entendre que il li aideroient à conquerre le royaume de Jérusalem sur les Sarrazins *. » Le bon roi, auquel Temporeur de Chine, la première puissance militaire du monde, ofl'rait son alliance ferme contre les musulmans, avec promesse de céder la Syrie à la France, répondit à cetle ambassade, qui lui proposait de changer la face du monde, de partager Tunivers entre le roi de France et le Kaan mongol, par Tenvoî d'une belle petite chapelle a que il lour fist faire d'écarlate », toute une pacotille d'objets de piété, avec deux moines « pour chanter les messes devant aus ». A coup sur, Meungke prit