Marco Polo, éd. Yule, II, p
possession d*un véritable monopole en Crimée et enKiptchak, pouvaient tirer de Tagiotage, et Tintérët qu'ils avaient au désordre monétaire en Orient et à la multiplicité des systèmes employés dans Tempire mongol do Chine et dans ses annexes en Occident. La monnaie officielle mongole, pour les grands comptes, était le balich^ valant, le balich d'or, 2000 dinai*s de Perse, celui d argent, 200 dinars, et celui de papier, 10 dinars seulement, d'après Vassaf. Frère Odoric de Pordenone compte, en 1320, le balich de papier pour un florin et demi de Venise (environ 20 francs) ; à la chute de la dynastie mongole, il était réduit à trois pour mille de sa valeur nominale. Pendant ses trente-quatre années de règne, Khoubilaï avait émis pour la somme fabuleuse de 1 , 872, 407, 175 fr. de papier-monnaie S près de deux milliards.
Les Chinois, gens d'esprit positif, s'alarmaient de cet énorme gaspillage, qui n'était, au fond, qu'une suite d'emprunts forcés. Les gens du Nord, les Turcs chinoises de Liao, avaient travaillé de leur mieux pour faire arriver KUoubilaï à l'empire, pour l'aider à soumettre la Chine du Sud; ils rêvaient en lui leur idéal, un empereur turco-chinois, entouré d'une aristocratie militaire, et dévoué au clergé bouddhiste. Quand l'empereur, après la mort de Saïd Edjeli, un rallié de la première heure, un Turc de la vieille roche que ses services obligeaient tout le monde à respecter, prit pour ministre des finances, le musulman turkestanois Ahmed (1270) ', l'aristocratie liao, le clergé bouddhiste et le populaire chinois s'alarmèrent également. Le tout-puissant Ahmed fut accusé de malversation, puis, ce qui était plus grave, d'attentat à l'honneur de dames nobles; un fils de l'empereur le souffleta publiquement '. Le Yéni-