‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 162 sur 212 · Ho>%orlh, p · texte numérisé non relu

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tien Marc Pol, qui se vante d'avoir connu TaiTaire comme commissaire enquêteur, raconte quMl y eut complot des Chinois contre tous les gens portant barbe *, c'est-à-diro contre les chrétiens et contre les musulmans, et peut-être contre les Mongols non chinoises eux-mêmes; Ahmed fut attiré dans un guel-apens par doux capitaines chinois, dont Tun lui trancha la tète au moment où il s'inclinait devant Tautre, qui se faisait passer pour un prince du sang; une bagarre s'ensuivit entre les conjurés et la suite du ministre, où l'assassin fut tué. Rachid, d'accord avec les annalistes chinois, dit simplement qu'Ahmed fut assommé d'un coup de masse d'armes par un des bravi aux gages du prince impérial; mais il constate que sa mort fut suivie d'une réaction, de courte durée il est vrai, contre les fonctionnaires musulmans, et par suite, probablement, contre les chrétiens. Les bouddhistes étaient certainement les inspirateurs du complot, puisque l'empereur donna la place d'Ahmed à l'un des leurs, à TOigour Sanga, dont le frère avait succédé comme aumônier impérial au fameux Piiags Pa Lama. C'était précisément ce Phags Pa qui avait fait approuver par l'empereur une réforme de l'alphabet mongol, et son remplace* ment, ainsi peut-être que celui de l'écriture chinoise, par un système de son invention qui a gardé son nom. Les décrets impériaux ne purent rien contre l'entêtement des lettrés chinois, et contre l'attachement des Mongols à leur vieil alphabet d'origine turque et chrétienne ; l'écriture du lama Phags Pa n'est restée que comme curiosité historique; mais le fait que la réforme ait été tentée par ce moine, au moment même où le remplaçant de son frère succédait à un musulman dans

1. « Debbino ammazzar tutti quelli che hanno barba... E la ragion per la quai si dice, che li barbuli sian ammazzati, è perché i Cataïni sono senza barba naturahuen le, e li Tarlari, e Saraccni, e Cristiani la portavano. • (Marco Polo, dans la version italienne de Raniusio. — T. Il, p. 25 au verso.)

le gouvernement des finances impériales, prouve que dès la fin du sui* siècle, le bouddhisme prenait la liaulc main dans Tempirc mongol. D'autre part, les projets financiers de Sanga, qu'ils aient été entièrement mis à exécution, ou qu'ils soient restés en partie à Tétat de lettre morte, montrent bien avec quelle rapidité l'élément chinois reprenait le dessus, car on y reconnaît sans peine l'inspiration et les vieilles traditions de Tesprit chinois. Le système de Sanga consistait à remplacer, dans les ports ouverts au commerce, la monnaie de compte en or et en argent, ainsi que les assignats, par une monnaie de billon en cuivre que l'Etat échangerait contre la monnaie retirée de la circulation, en gardant pour lui sept dixièmes de la valeur nominale. Il proposait de monopoliser la fabrication des armes, qui était un privilège concédé à la noblesse (probablement à la vieille noblesse turque liao), entre les mains de FÉlat, et d'employer les bénéfices à la création de greniers d'abondance. Il supprimait la liberté des cabarets et imposait patente aux débitants de vins et de spiritueux. Pour ménager les intérêts mongols, il arrangeait un système d'échange entre les soieries et les étofTes de Chine, et le bétail de Mongolie, assurant aux éleveurs un cinquième de la plus-value provenant de la vente des cuirs, laines, cornes et laitages monopolisée par TEtal ^ Le système de Sanga lésait trop d'intérêts pour ne pas amener une débâcle et l'inévitable enquête; le ministre qui avait gardé en place les anciens employés d'Ahmed, fut trahi par ses bureaux ; les créatures de son prédécesseur raccusèrent de malversations et d'exactions; Sanga fut condamné à mort, et Ton reprit simplement le procédé commode et ruineux des assignats à cours forcé. Les Chinois n'étaient pas les plus forts; ils se turent, et cachèrent leurs sapèques, mais leurs troupes

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