Iloworlh
i INTRODUCTION A L'HISTOIRB DE L'ASIE
réquisilionnées, leurs nrbalélriers qui s'étaient battus si bravement en Perse, en Irak, en Syrie, au service de Houlagou, se débandèrent au Japon, au Tonkin, en Birmanie, au Siam, à Java, partout où les envoya Khoubilaï. La légende se forma du Chinois qui ne se bat pas.
Pour ses guerres lointaines, l'Empereur de Pékin ne pouvait pas se passer du Chinois; les généraux mongols de la vieille roche, les grands manœuvriers élevés à Técole de Souboutaï, comme Baïane qui fut la gloire militaire de la fin du siècle, n'entendaient rien à la marine. Les expéditions au Japon furent des désastres. L'armada de 1274 ne comptait pas moins de 900 vaisseaux, qui portaient 70 000 Chinois et Coréens, et 30 000 Mongols*; les généraux ne s'entendaient pas; un ouragan dispersa la flotte; des vaisseaux qui furent jetés sur les lies Ping-Hou' « personne jamais n'entendit plusparfer », racontent les Japonais. Ceux qui purent débarquer au Japon, sans vivres, sans communications, assaillis de toutes parts par les hardis insulaires, durent mettre bas les armes. Les Japonais ne firent pas de quartier aux (Miinois; les Turcs, les Mongols, et sans doute aussi les mercenaires occidentaux eurent la vie sauve, et furent vendus comme esclaves. Une deuxième expédition avorta même avant le début; la presse pouvait bien réunir des mariniers chinois et coréens, mais ne pouvait les retenir; ils massacraient leurs gardes-chiourme, désertaient en masse, et se faisaient pirates. Il fallut renoncer au Japon.
En Yunnan, au Tonkin, en Birmanie, partout où les Mongols avaient accès parterre, la victoire leur resta fidèle; mais là encore, malgré les succès militaires, l'élément chinois, sans lequel on ne pouvait rien faire de durable, se déroba. Les généraux mongols gagnaient des batailles, prenaient des
1. De Mailla, IX, 409. Les chilîres sont cvidcmmcnl cxa^irés.