Ibn Batoutah, t. UI, p
révolte nationale emporta Tlslam et le Chériat avec Tharmacliirine. Ce fut dans Tlnde qulbn Batoulah apprit les nouvelles de la révolution; il la raconte avec une pieuse émotion, le cœur serré par l'infortune de ce bon sultan qui, deux années avant, poussait la déférence pour son caractère religieux jusqu'à lui passer, de ses royales mains, les manches de sa pelisse, « marquant ainsi son humilité, sa vertu et sa charité * ». Ce fut de la chrétienne Almalikque partit le mouvement qui mit à bas le représentant du bigotisme, emporta ce Turc qui se laissait morigéner par un moine étranger. Il ne semble pas que TÉglise musulmane ait rien tenté contre une révolution à laquelle la noblesse musulmane turque ellemême, encore tout imprégnée de loyalisme national, prit part sans hésitation et sans scrupule; Tislamismc iranien et démocratique de Transoxiane courba la tète et humblement abandonna Tharmachirine : « Deux ans après mon arrivée dans rinde, nous apprîmes que les principaux de ses sujets et de ses émirs s'étaient réunis dans la plus éloignée de ses provinces qui avoisinent la Chine *. C'est là que se trouvait la plus grande partie de ses troupes. Elles prêtèrent serment à un de ses cousins nommé Bouzoun Oghlou... Bouzoun était musulman, mais c'était un homme impie et méchant. Les Tartares le reconnurent pour roi et déposèrent Tharmachirine, parce que ce dernier avait agi contrairement aux préceptes de leur aïeul commun, Teukiz (Gengiskhan) le Maudit... Tenkiz avait composé un livre contenant ses lois, qu'ils appellent Al Vassnk,.. Parmi ses préceptes, il y en a un qui leur commande de se réunir une fois par an;... le sultan Tharmachirine avait mis fin aux jugements prononcés ce jour-là et supprimé la coutume de cette réunion '. » L'impie
f. Ibn BatouUh, l. Ut, p. 39.