‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 182 sur 212 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

De 1260 à 1360, en cent ans, le royaume de Djagataî, comprenant nominalement le Turkeslan et les Marches, n'a pas eu moins de vingt-cinq souverains, fantômes de sultans. Oux qui régnaienl en réalité, c*étiÂient les chefs des quatre grandes maisons d*Arlad, de Barlass, de Djelaîr et d'Aiberdi, et les vizirs qu*ils imposaient aux faibles descendants de Djagataî. Tant que Tempereur de Pékin, à cMé de son nom chinois, porta encore un nom mongol, les apparences furent sauvées, et les princes gengiskhanides de la maison de Djagataî furent censés régner à la fois sur la Transoxiane musulmane, sur le Turkostan et sur les Marches à demi païennes; avec la chute de la dynastie mongole en Chine, tout s*efTondre. De TOxus aux Marches, il ne reste plus debout que deux puissances : Tlslam représenté par les ordres religieux, et Taristocralie militaire par les grandes maisons turques et d*origine mongole fieffées en Transoxiane, notamment par les Barlass el les Arlad, et par celles du Turkestan e( dos Marches, vassales ou clientes des Djelaîr.

442 INTRODUCTION A L'IIISTOIRE DE L'aSIE

Cette noblesse arriérée, attachée à ses traditions et à ses privilèges par-dessus tout, regardait de moins près qu elle ne le disait à la religion. Au fond, grands seigneurs et hobereaux restaient Turcs; ils étaient avant tout « Dine atrij Kardache — la foi à part, des frères », comme disent encore maintenant leurs descendants à leurs amis les Cosaques russes ^ Ils étaient toujours disposés à se battre entre eux, mais ils n'entendaient point que la canaille iranienne, les Tadjik, les Sart, comme ils les appelaient, se mèlàt de leurs querelles. Conlrc ces manants, ils se mettaient vite d'accord.

Or, en 1330, un de ces manants ' eut Taudacc de réveiller le vieil Iran endormi, et se fit roi de Khorassan. Il s'appelait Hussein Kert. <( Les Kurt, durant leur courte domination, personnifient, si je ne me Irompe, Tanlagonisme latent, mais obstiné du sang iranien contre les envahissements des hordes sorties du Touran... Le riche domaine qui leur a été con* féré à titre de bénéfice^ ils veulent le convertir en alleu^ et toute leur conduite dénote cette tendance analogue à la lutte qui précéda en France rétablissement de la féodalité '. » Dans le soulèvement général qu'avait provoqué la tentative de réaction anti-islamique sous Bouzoun, dans le désordre qu'avait amené, en Perse, la révolte des vassaux hérétiques

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