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C'est-à-dire & la noblesse turque do rampa^nic^i

querrons la Transoxiane... Nous récitâmes le premier chapitre du Koran... et je partis pour Saroarkande. »

Dans un village près de Bokhara, en vraie princesse d*aventure, la femme de Timour s'était cachée, conspirant de son côté, espionnant, ourdissant Fintrigue féminine; il n*y avait pas au fond des harems cœur de dame qui ne battit pour un prince si aimé, pour une princesse si aimante. On se racontait les torts que ce tyran Koutlouk faisait à Timour, car du premier coup il s était posé en victime : » Koutlouk m*avait montré lui-même les chartes passées entre Kaïouli et Kaboul-Khan, ses ancêtres et les miens '. » Lui, rebelle! Il repoussait, de tout son honneur, cette note d'infamie! On l'avait lâchement calomnié; personne que lui n*était plus dévoué au roi; mais pouvait-il supporter la vue de TEglise insultée, de la noblesse bafouée, du peuple opprimé? N avait-il pas le devoir de défendre sa vie menacée par les méchants traîtres qui Tavaient fait perdre auprès du sultan? Certes, le sultan reviendrait à la raison et à la justice. Dans les harems, dans les marchés, jusque chez les pauvres paysans, on se disait les malheurs de cette noble princesse, de cette belle jeune femme, petite-fille du grand Kazgane, du Faiseur de Rois, constante épouse de ce vaillant, de ce pieux, de ce généreux seigneur, du Keurekëne, du « beau >» Timour. Si les textes et les chroniques ne disent rien de ce sentiment populaire, la légende l'a merveilleusement conservé *.

Il est nécessaire d'insister sur le roman de jeunesse de Timour : il crée un type, celui du roi gentilhomme, auquel les princes d'Asie, successeurs de Timour, s'efforceront désormais de rassembler jusqu'à l'arrivée des Euzbeg; c'est Timour que le prince asiatique du xv* siècle, demi-aventurier, demi-

i. Teuzukat, p. 17 «. Voir |ilii4 hniit, p. U5.

2. M. Raiiloiï A retrouve riiez les Kir^rhi/, et tiie/. le» TatAm <lc Sibérie, des obansouf* de Timour; ellcsi »oiil pleines de la leiidresse du liéro», de sa piété, de sen mAllieun*. Dans la elianson kirirhiz., le merlianl empereur en-

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artiste, prend pour modèle, conGant dans sa fortune et dans la protection des saints.

C'était à Samarkande que les conjurés devaient se réunir : » Dans les tribus, deux mille hommes étaient prêts à me suivre dès que je lèverais à Samarkande l'étendard de ma fortune '. J'entrai dans la ville par une nuit obscure, et je descendis à l'hôtel de Turkane Aka, ma sœur aînée. » Pendant quarante-huit jours, caché dans le harem inviolable de la grande dame, Timour guetta le moment; il attendait que sa femme et ses moines eussent achevé, à Bokhara, d'organiser le mouvement clérical, pendant qu'il préparait luimême la révolution bourgeoise. A la fm, le parti loyaliste se lassa de voir ce proscrit conspirer ouvertement à la barbe du sultan; on menaça de le dénoncer; les bourgeois prirent peur; il partit, avec la noblesse qui l'avait suivi en ville : « Le péril était pressant; je m'évadai, de nuit, avec cinquante cavaliers. » Une armée, envoyée des Marches, approchait à grandes journées. Timour prit résolument son parti, en vrai capitaine d'écorcheurs. Puisqu'il avait manqué l'occasion, il fallait saisir une province, s'y installer, s*y fortifier, puis

ferme la femme de Timour dans une caisse, ella fait jeler & la mer; le héros revient, couvert de gloire; c'est un jour de fête.

Tous avaient appris sa renommée.

... On savait que Temir-Rhan était poète et chanteur. ... Sa propre femme nageait sur les flols; A doux chants, elle s'approcha du trône; La voyant, Temir-Rhan fondit en larmes.

... Les amants se regardaient les yeux dans les yeux ; Lui se leva, pleurant bien fort.

« 0 ma chérie, je t'avais perdue; à présent, me voici. • (RadlolT, 111, traduction, 133, texte, 648.)

Telles romances, après cinq siècles écoulés, bercent encore Timagination populaire, et nous transmettent la réalité des enthousiasmes, quand Timour, hautain et le sourire aux lèvres, courait, avec deux cents compagnons, se jeter dans la gueule du loup, en Transoxiane, et que la belle Oldjaî, la noble princesse sa femme, affrontait Tavcnture.

1. Il doit y avoir, dans l'original turc, le mot kout^ qui signifle, à la fois, puissance et l>onbeur.

revenir à la charge. Avec son tact de politique, il choisit la proie hors de Transoxiane, pour ne pas fouler ses futurs sujets, et leur épargner les pilleries de ses gentilshommes et de ses routiers. A peine, sur le chemin, prit-on quelques centaines de chevaux à des Turcomans, et on eut le soin de leur en délivrer reçu.

Tous les conjurés réunis, tous les routiers, tous les aventuriers arrivés au rendez-vous, on se jeta bravement en Khorassan, au sud de TOxus, puis en Afghanistan, et on empoigna Kandahar, ville et province, sans autre forme de procès.

D*abord, il arrondit son domaine; il lui fallait de Targent pour payer son train, sa maison, ses routiers; le gouverneur du Seîstan lui offrit de le prendre à sa solde : « Je suis entouré d^ennemis; ils mont enlevé sept de mes châteaux. Si vous tirez ma province de leurs mains, je donnerai six mois de paye à vos soudards *. » Quand le gouverneur vit son auxiliaire nanti de cinq châteaux sur sept, il prit Talarme, bien injustement, assure Timour, et changeant d*avis, appela ses anciens ennemis à la rescousse contre ses nouveaux alliés. » En violant sa parole, il me jetait dans un cruel embarras. Je Taffrontai, je lui livrai bataille; dans Faction, une flèche me perça le bras, une autre le pied; à la fin, la victoire me resta. » C'est de ce coup au pied que Timour demeura boiteux, sa vie durant, et garda le surnom de Aksak Timour en turc, Timour Lettg^ a le Stropiat », en persan, d*où les Occidentaux ont fait Tamerlan *.

'Maître d*une province, sur désormais d*un point d*appui, Timour revint â son projet, la conquête de la Transoxiane, la libération du sol national. Il raconte qu*il passa deux mois

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