‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 187 sur 212 · Trnzuknt, p · texte numérisé non relu

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2. Le nom persan nous est arriva par Icâ Osmaolis, qui prononcent, à peu prt*4, Trmirlin,

à se soigner en Kcrmessir, et quelques jours à chasser en Kodistan. C'est pure comédie; cela se voit au développement de sa conspiration; dès les premiers pas, toute la trame, lentement ourdie dans l*ombre, parait d*un coup au grand jour : « Je montai à cheval suivi de quarante cavaliers seulement, mais tous gentilshommes, fils de gentilshommes ou de princes... » Tout est prêt; les conjurés arrivent, les uns après les autres; c*est Sadik Barlass, avec quinze cavaliers ; c'est un capitaine décorcheurs, un de ses anciens, Karantchi Balour, qui amène deux cents routiers désertant le parti des Euzbeg; c est Touklouk Khodja Barlass, et loncle de Timour lui-même, Seïf-Ed-Dine Barlass en personne, et un seigneur Djelaïr, qui amènent soixante-dix de leurs gentilshommes; ils mettent pied à terre les premiers, rendent foi et hommage ù celui qu'ils reconnaissent désormais pour leur seigneur et prince. Et le bon Timour leur donne l'accolade, leur distribue tout ce qu'il a sur lui ; à Touklouk Barlass, son chaperon; à Seïf-Ed-Dine, son ceinturon, a bien précieux par le travail d'orfèvrerie », au Djelaïr, sa cotte d'armes. C'est une allégresse générale. « Nous nous attendrissions ensemble; nous fîmes la prière en commun à rheure ordinaire... Au camp, je lins audience ouverte et je donnai une fêle. » Le lendemain, un routier déserteur qui avait quitté Timour pour tenter la fortune dans l'Inde, Chir liehram (Lion Mars), vint tout penaud et Toreille basse, demander du service : u Je le traitai avec tant de courtoisie qu'il en oublia sa honte. » On ne voit pas en quoi cet Asiatique musulman diiïère par l'action, la conduite, les allures, d*nn Galéas ou d'un Sforza de Milan, ou de tout autre condottiere italien, ou même de tout autre prince catholique d'Occident voulant fonder un royaume au xv* siècle. Les sentiments, la morale, la politique sont les mêmes, à cette époque, en terre chrétienne et en pays dTslaro ; c*est au

TINOUR ET LE TRIOMPHE DE L'iSLAM 463

XVI* siècle, seulement, qu*on les voit se modifier en sens divergents.

Contre Iliaz-Khodja, qui venait de succéder en Tran* soxiane après la mort de Koutlouk, Timour mène la guerre à la façon dont Bertrand de Claquin ou Richemond la menaient contre les Anglais. En bataillant il négocie, et gouverne avec les mêmes principes, les mêmes règles, les mêmes instruments que notre Charles VII ou un Louis XI beaucoup plus puissant, plus hardi, plus Torluné, ayant moins à ménager, et très batailleur, autant par raison d*Étal que par tempérament. 11 était dur à la manière d'un capitaine d'écorcheurs , mais point cruel comme on Timagine. Ce sont les récits haineux des vaincus, des humiliés, les Osmanlis, les Persans, les Talars du Kiplchak, les Arabes, et Toptique trouble du lointain» qui nous Tout déformé en tyran furieux.

Sincèrement dévot, il s*était Irop servi de la religion pour être fanatique ou bigot. Avec des goûts de faste et de représentation, il savait trop bien compter pour fouler ses peuples, et risquer la ruine de son domaine. Raisonnable en beaucoup de choses, fin observateur, il fut par-dessus tout parfait gentilhomme; aucune de ses actions n*a jamais trahi Toutrance d*un parvenu. Il aimait le terroir; il aurait bien voulu mettre dans son marquisat de Kech le centre de Tempire, et faire de Kech sa capitale. Ses peuples firent grise mine au projet; TEglise insinua qu'il y avait matière à remontrances. Il céda galamment, laissa Kech et adopta Samarkande, non sans coquetterie ^

De 1*163 jusqu'à 1369 ', Timour lutte contre les Djagataides de Sibérie pour affranchir la Transoxiane» contre les Iraniens du Khorassan pour lui assurer ses limites nalio-

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