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Koudalkou, p. i

2. Dilchady en persan; c'esl le sens exacl du nom de femme italien Lxliiia*

Dans la luilc conlre les Tchélé disparurent, en Almalik, les dernières chrétientés turques. Désormais, Tancienne nation des Kéraït, celle du Prêtre Jean, ne sera plus qu'un clan obscur, perdu parmi les Kirghiz musulmans comme les autres; de même, celle des Naïmane; mais ces clans jusqu'à nos jours ont conservé leur Tamga.

Or, pendant que Timour supprimait les Mongols au nom de Tapolre Mohammed, les Chinois les chassaient au nom de Confucius. La révolution qui en 1370 emporta la dynastie mongole de Chine balaya tout ce qui rappelait le souvenir des Turcs délestés, le christianisme neslorien avec le reste. Entre la Transoxiane musulmane et la vieille Chine renais* santé, le Turc de Pentapole et dllexapole est étouffé, n*a plus d'espace pour vivre, ou il est refoulé dans les steppes du Nord, réduit à se faire Kazak, à se disperser sur la lande, séparé du reste de Tunivcrs, réduit aux horizons bornés d'un berger qui promène son troupeau entre le kichlak^ « station d'hiver », et le yallak, « station d'été ».

En m(**me temps qu'il ruinait les Turcs dans les marches du nord-est, Timour s'acharnait sur ceux des marches du nord et du sud-oucsl, réduisait les Turkmènes à se faire brigands, faute d'espace pour mener la simple vie pastorale de leurs cousins du nord, les Kirghiz Kazak.

Jusqu'en 1376-77, il mena les deux entreprises de front, courant du Syr-Darya à TAmou-Darya, des marches de Chine aux marches de Russie et du Caucase. Sur le bas Amou-Dnrya, contre le Kharezni, qui tenait au Kiptchak et aux steppes du Nord, au grand refuge de ceux qui se faisaient Kazak, il s'acharna furieusement.

Ce nord turc l'inquiétait, le mettait hors de lui, à tel point que dans sa cnmpa^'^ne do 1372 contre le khanat de Khi va actuel, le ^rand vassal Hussein SouH de Koungrad lui ayant envoyé un cartel, lui, souverain, sultan de Transoxiane et de

Bactriane, législateur, représentant des Djagataïdes, liéritier substitué de TEmpereur Inflexible au pays musulman, lui, prince de TËglise et lieutenant de Dieu, courut au duel, tout seul avec son trompette et son écuyer, en vrai chevalier errant.

Le spadassin eut peur du roi et ne vint pas au rendezvous. Timour fit dresser procès- verbal de carence; à partir de ce jour, plus un cavalier turc entre Oxus et Yaxartes n'eût osé protester contre ce souverain chevaleresque, de peur d*6tre excommunié par TEglise , et honni par tous gentilshommes.

Timour avait alors trente-sept ans. « Il était, dit son détracteur Ibn-Arabchah, de taille moyenne, élancé, le front haut, la tète grosse... le teint blanc et le visage coloré ; larges épaules, doigts ronds, cuisses longuettes, et fortement membre. Il aimait braves gens d'armes, vaillant homme lui-même, sachant se faire honorer et obéir. » Une miniature indienne, peinte quand il était plus âgé, le représente assis sur un fauteuil, le coude appuyé sur un coussin, Tépée droite au côté, un casque de parement sur la tète, la lance au poing; il est vêtu d'une cotte brochée à fleurons, bouclée sur la robe à la longue, et chaussé de Iiouseaux par-dessus les bottines. Sur ce joli portrait, on distingue un trait caractéristique dont parle Clavijo, les paupières lourdes, la supérieure bouffie et comme tombante. La bouche, arquée, les lèvres finement découpées, souriantes, donnent une expression de bienveillance contrariée par le regard qui est clignotant et narquois. Le geste familier de Timour se voit sur la moustache effilée et tortillée. Les pommettes saillantes, l'œil bridé, le cou enfoncé dans les épaules marquent bien le pur type turc; la carrure est robuste; à bon escient, Paul Jove, bien informé» loue Timour de sa chevalerie : « si fort et raide, il tirait un grand arc de Tartarine, amenant la corde à l'oreille, que peu

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de gens peuvent faire '. » Avec lui, c'est bien fini de Téducalion chinoise, de la retenue chinoise, des Rites. C*est un Turc dompté par Tlslam, auquel restent l'esprit d'autorité et de discipline, beaucoup de finesse, le coup d'œil sur, le jupement droit avec la bravoure native; mais plus de grandes visées, ni de conceptions révolutionnaires; un solide sens pratique, le tact et les goûts artistiques d'un galant homme, une esthétique un peu romanesque; avec ce parfait gentilhomme la décadence de TAsie commence. — Le turc Timour a étouffé le génie turc.

Tant que la vie nationale dura dans Tlran, le Khorassan, protégé par ses marches de Transoxiane et par le double fossé d'Oxus et de Yaxartes, n*eut rien à craindre des gens du Nord. C'était par rilyrcanie et par le bas Oxus que leurs bandes guerrières, appelées et favorisées par les Parthes, s*y coulaient en suivant le bord du fleuve; c'est par là, probablement, qu'arrivèrent les Iluns blancs ou Tiélé de rivière, les Turcomans ripuaires. Lorsque, plus tard, Tinfiltration turque se fit torrentielle, lorsque les marches de Transoxiane devinrent turques, le Khorassan lui-même ne fut qu'une marche, couvrant, tant que bien mal, les purs pays iraniens, le Fars (Perse propre, Farsistan), le Khouzistan, et les accès « de Roum », par l'Irak.

Maintenant que la capitale d'Asie centrale s'était avancée d'Almalik à Samarkandc, maintenant qu'à liokhara les savants parlaient djagataï et que les beaux esprits de Transoxiane rimaient dans le langage barbare du Pé-Lou, le nouveau sultan de Samarkande ne pouvait s'arrêter à la rive droite de rOxus, laisser, sur la rive gauche, cette marche splendide à

I. tkins Clavijo, p. 18. Je rae |>erincls de donner mon expérience [lersoatielte de Tare turc faite sur de;) armes conservées dans la colleclion de M. Antonio (tUfflielmini. Uen hommes les plus vi^oureui et lt>M mieux futralnés «mènent la cordr à l'épaule; pour Tamener à Tore il le, il faut une Zone exceptionnelle.

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la merci des schismatiques et des hérétiques dlran. D*aiU leurs il y était posscssionné par droit de conquête, dans ses domaines de Balkh et du Seïstan. Au nord il tenait les deux rives du bas Oxus, victorieusement arrachées à i*oppres6ion d'un usurpateur dont TËglise avait sanctionné la déchéance ; c'était presque une enclave. Et puis la proie était trop riche pour qu'on ne la saisit pas au profit de la fiëre Transoxiane ; les grandes cultures de céréales entretenues par un merveilleux système d'irrigations, les manufactures de bonnes armes et de superbes tapis, les nobles villes, Mechhed la Sainte, Nichapour TÂntique, Merv « Ame du Roi », Hérat la Brillante, tant de places à donner, de gouvernements, d'emplois à réternellement besogneuse noblesse turque, tant de revenus pour le Trésor, tant de bénéfices pour l'Eglise! Timour voulait bien défendre le Sud contre les Barbares du Nord, mais à condition qu*il fût à lui, tout à lui. D'ailleurs, TEglise avait parlé : « Guyas-EJ-Dine, seigneur de Khorassan... leva une armée et resta sur la défensive. Prudemment, je laissai le peuple de Khorassan dans le sommeil de la négligence. Je parus fixer mon attention sur Samarkande. Tout à coup, je fus averti, par une note de mou directeur de cons* cience, que Guyas-Ed-Dine s'abandonnait à la tyrannie et se livrait à toutes sortes d'excès. » Redresseur de torts, défenseur de la religion, Timour qui se vante d*avoir « arraché l'opprimé des mains de l'oppresseur, et une fois bien informé du tort fait aux personnes et aux biens, d'exécuter la sentence des Saintes Lois * », ne pouvait pas hésiter, en face de ce maraud, de ce méchant Guyas. « Je n*enveloppai jamais l'innocent dans la punition du coupable », dit-il.

En réalité, c'était une fausseté insigne de dénoncer Guyas- £d-Dine comme un ennemi de TEglise orthodoxe ; il lui avait

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