‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 194 sur 212 · I. Teuzukaly p · texte numérisé non relu

I. Teuzukaly p

donné des gages sanglants de son zële, dévastant effroyablement le district de Nichapour suspect dliérésie : « Le roi, à rinstigation de plusieurs oulémas (docteurs) hanéfites, qui lui représentèrent que son devoir était de s'opposer aux progrès des sectaires, envahit pendant plusieurs années consécutives le district de Nichapour;... la troisième expédition contre ce pays fut signalée par des rigueurs inouïes; le roi fit dévaster les campagnes et les vergers, déraciner des arbres séculaires, et ensabler les canaux '. » C'est le comineoccment des dévastations que les guerres de religion promenèrent de la Transoxiane au KUorassan pendant le XVI* siècle, de la fureur imbécile qui a ruiné, puis hébété TAsie; Dine djnigui^ Kane djetigui, « guerre de religion, guerre de sang m, dit le Turc. Ce que Timour craignait le plus dans le roi kerl, c'était la rivalité d*un prince encore plus orthodoxe que lui-même; il ménagea d*abord le pays, s'y fit une popularité; dans sa première expédition contre Guyas, il accepta dévotement les remontrances du clergé indigène, 6t quartier aux soudards vaincus, les caressa : « le vénérable Mollah Zeîn-Ed-Dine-Abou-Bekr reçut^sa visite et lui tint un langage si ferme que Timour ne put s'empêcher de dire : Jusqu'à ce jour, les cheikhs tremblaient devant moi; aujourd'hui, c'est moi qui tremble devant Abou-Bekr. >» La comédie était sûrement concertée avec Zeïn-Ëd-Dine, homme à lui depuis longtemps. A Héral, après la prise des remparts, « deux mille Ghouriens furent pris et menés devant Timour; l'émir loua hautement leur courage, leur donna à tous une tunique, et leur rendit la liberté *. » Dans la troisième expédition, il n'y a plus de ménagements à garder contre des rebelles, quand l'émir a déjà l'Eglise locale et le parti militaire pour lui : « Autant il s'était montré humain lors du premier

1. Chronique cl*lléral, Barbier de Meynard, Journal atiatique^ p. 515. 516.

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