I. Turc moderne occidental, Kardachc
t. D'où re.\prcssiûn ciiractérislique tun|iif, ronsi'rvêe niriiio dans U;» dia- 1<*«M**!« occîdnnlAUX modornes : Anl ilchmeky - boire le serment •. pour dire • hcr l'onlrat, jurer •■.
quelque sorte fixé au sol natal, est le plus jeune des fils; c*esl lui qui est VOi-dzéldne^ comme disent les Mongols, le Tékine, comme disent les Turcs, « le gardien du foyer » ; cVsl à lui que revient cette portion de terre invariable dont parlent les annalistes chinois et les voyageurs occidentaux '. Les aines se partagent les biens meubles, le premier de tous, le bien par excellence, le 3/a/, « le capital', » des troupeaux.
Le partage ne se fait pas sans ordre : a Au plus intelligent et au plus brave, dit Aboulghazi, les chevaux; au plus faible, les moutons. » Dans les familles princières, à côié du capital à quatre pieds, il y en a un plus important, qui assure la possession de tous les autres, qui rend, à la fois, puissant et heureux, car en ancien turc et en vieux mongol, le mémo mot « KoHt » signifie « pouvoir » et « bonheur »; ce capital, c'est la bande des gens de guerre; le chef la lègue, suivant la Coutume, au fils de son choix, ou la partage, et il n'est pas rare qu'une fille en reçoive sa part. Les voilà tous pourvus, ou à peu près tous, car Thérilage peut être tel que Talné et le plus jeune nantis, il se trouve un cadet sans autre bien que son arc, son sabre, et peut-être quelque mauvais cheval. Ici, nous voyons la coutume caractéristique et originale de Tadoption à rebours; le cadet dépourvu va chercher au loin un père et une mère. Dans les légendes et dans les vieilles rapsodies, les choses se passent de deux façons; tantôt, le cadet chevauche, loin, loin, arrive à une maison, où il trouve une vieille; le vieux est aux champs; le cadet dit à la vieille : if Sois ma mère. » Quand la vieille a consenti, le vieux revient. Le cadet lui dit : <( Sois mon père » et, quand il a
1. • Curia patriset malris semperacculil minori lilio. • (Rubruquis, p. 235.)
2. Le mot Afa/, qui signifie en arabe • fortune, possession «^a été adapté par les Turcs, spécialement au cheptel : Tvhnban mali^ « le capital du l>er- Kcr », le troupeau; Kiarvan mali, • le capital du caravanier •, les b^tes de somme. Le Turc Osmanli a le dicton : • Le berger attend du mouton In laine et le lait, le boucher» la chair et la peau. >
consenti, le cadet dit enfin : » Mes père et mère, donnez-moi un nom. » Chose caractéristique, Taventurier turc n'a même pas de nom; Al-Siz, « Sans-Nom », s'appellent des héros légendaires; dans l'histoire, des rois * et plus d'un guerrier ont gardé fièrement leur nom « sans-nom » d'Al-Siz. Tantôt aussi, le cadet chevauche, chevauche, arrive, bien loin, à la cour d'un roi. Son cheval, qui est fée, se métamorphose en poulain étique, et lui-même prend l'aspect d'un pauvre teigneux, vêtu de guenilles. Sous celte forme misérable, cheval et cavalier triomphent dans tous les jeux guerriers, sortent vainqueurs de toutes les épreuves. Le roi impose des travaux extraordinaires au héros, océans à traverser, mers de flamme à passer, dragons à sept têtes et monstres infernaux à vaincre; finalement, le héros s'empare du royaume, détrône le roi et épouse sa fille; puis il retourne dans son pays et rassemble son peuple quun ennemi avait dispersé *. Il est inutile de chercher, dans ces naïves légendes, des fables religieuses, ou, comme c*était dernièrement la mode, des mythes solaires; sous une forme romanesque, c'est bien sa vie réelle que l'ancien peuple turc y raconte. Gomme l'anonyme Al-Siz^ par milliers, les aventuriers turcs sont venus se proposer à Tadoption chez les rois parthes, chez les poten^ tats perses, chez les khalifes arabes, chez les empereurs de Chine, chez les seigneurs de Sogdiane, vendant leur épée pour avoir une famille et un nom ; comme le pauvre guenilleux sur son cheval étique, le grand Timour s'est sauvé de la geôle où Tavail enfermé Ali Tchoun Gharbani, et s'est mis en route pour la conquête du monde, portant sa femme en croupe sur son cheval boiteux. Comme un héros de la légende, Témoudjine s'est offert à l'adoption du grand roi des