‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 32 sur 212 · Voir plus hanl, p · texte numérisé non relu

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2. Voir le oulle des élêmcnls, plus haut, p. 69. C*esl par la lorrc ol l'eau <|u'Arpad prend possession du nouveau pays des Magyars.

(iicl lui donnait de la force, mon père le kagan pareil au loup, ses ennemis pareils aux moutons, vers devant, vers derrière (vers Test et vers Touest) il mena l'armée, gens il réunit. » Lorsque PEI lèrès a triomphé de ses ennemis, « la communauté ayant oublié la Loi des Turcs, il dirigea la com* munaulé vers la Loi de mon Anc6tre, la rendit guerrière ». Ainsi, la première institution des Turcs, la base même de leur société et de leur loi, c*est la guerre.

Bien que Tassociation politique et la discipline militaire soient la principale raison d*èlrc et la règle première d'une société turque réunie en nation, la division ethnique par tribus subsiste, mais subordonnée à la répartition administrative, ou si étroitement liée avec elle qu'elles se confondent. Des tribus ou nations qui ne font point partie de la confédération militaire ne sont même pas désignées sous leurs noms soi-disant ethniques; l'inscription du Bilguè Khan nomme tantôt les Oïgour, et tantôt le pays des « Cinq Villes » qu'ils occupent. Le chef de tribu n*esl pas un patriarche, un repré- f sentant héréditaire, mis à la tête des siens par sa naissance, niiation et parenté, mais un commandant élu, ou nommé par le Kagan, un fonctionnaire. Lorsque la nation turque se désorganise « parce que les hegs et gens du commun sont injustes ' », et qu'elle se soumet à Tlllustre Empereur, le peuple se plaint. « Des Turcs, les gens du commun ' disaient : J'étais une nation (ordonnée) par peuples. Mes peuples, ma vertu où sont-ils? Pour qui gagnerons-nous des peuples? J'étais sous le soin, j'étais une communauté avec un Kagan; mon Kagan, où est-il? A quel Kagan donnerai-je mon intelligence et ma force? » Alors, quand le ciel « Terre-Kau » n*a pas voulu laisser périr la nation « vivacc », après que Koutlouk M TKI tèrès » Kagan lui a rendu l'imdépendance, a il rétablit

I. Osl-à-dire indisciplinée, dans l'idée turque. 3. Mltéralemenl • la lignée noire •.

les peuples des Tëlès et des Tardouch, et leur donna là-bas un labgoug Chad^.,, Il fit soixante et quatorze expéditions, livra vingt batailles; par la faveur du ciel, les peuples il ordonna par peuples, le kaganat il en fit un kaganat, Fennemi à raison il mit, la hautesse il contraignit, les chefs il soumit... Lorsque mon oncle le kagan vint au pouvoir, la communauté des Turcs suivant la coutume il mena. Les pauvres il fit riches; le peu, il lit nombreux. Lorsque mon oncle le kagan parvint au pouvoir, j'étais moi-même Chad sur le peuple des Tardouch. Avec mon oncle le kagan, ensemble, nous avons fait expédition vers devant (vers Test) jusqu'à la plaine Chand otmg (Chan Si ou Alachan?) du Fleuve-Vert; nous avons fait expédition vers derrière (vers Touest) jusqu'à la Porte de Fer (entre Samarkande et Balkb), nous avons fait expédition jusqu'à Keukmcn, le pays des Cha- Kirghiz. »

Puis viennent les mauvais jours; la guerre ne donne plus; le pillage ne rend plus; le kagan ne peut plus nourrir son peuple, « rendre les pauvres riches, et du peu faire nombre », c'est-à-dire payer et recruter ses bandes. Voilà les Turcs encore une fois obligés de se mettre à la solde de « Tlllustre Nation », de se vendre à l'Empereur de Chine; le Khagan et ses peuples faméliques se font encore une fois mercenaires chinois. L'inscription donne Tidée très nette des rapports que les Turcs entretenaient avec la Chine, quand ils ne la pillaient pas, ou quand, le Grand Empire étant partagé, ils ne bataillaient pas à la solde d'un royaume chinois contre l'autre, dangereux soudards, guettant la succession du maître qui les payait ? « Dans l'aimée forêt des Monts, de choses précieuses, il n'y en a pas. Où le peuple est en

i. Le • chad • parall ùlre le fonclionnaire ou prince des nations turques extérieures. Le titre, consorvô en osmanli, • ( hadi •, signifle maintenant • huissier-audiencior •.

main, ce pays, c'est Taioiée forêt des Monts. Eu ce pays, j'ai pris force; avec llUustre Nation je me suis allié. Or, argent, drogues, soie, grains, assez en donne Tlllustre Nation; en autorité, douce, en tribut, modeste, elle Test; en autorité, douce, en tribut, modeste, elle se fait connaître; au loin, les peuples s'en rapprochent. Vivant en masse compacte, chez elle, prudence et savoir sont si répandus I Un vertueux et savant homme, un vertueux et vaillant homme, l'attaquer, on ne peut. » Le Chinois est savant, le Turc vaillant; aussi longtemps que le Chinois donnera de Tor, de l'argent, des étoffes, des grains à ce pauvre Turc dont « la terre aimée » ne produit « rien de précieux », s'il ne demande qu*un tribut « modeste », s'il n'exerce son autorité qu'avec « douceur », ensemble ils seront alliés, inattaquables, invincibles; mais il faut que le Chinois paye d'abord le kagan, qui lui concède, pour la forme, un modeste tribut; car à l'inverse des rois « mangeurs de peuples », le kagan turc nourrit les siens : '< Le peuple qui mourait, vivant je l'ai rendu; le peuple nu, je l'ai vêtu, le peuple pauvre, je Tai fait riche. »

Puisqu'en haut, a dans le ciel bleu », le Tengri n'institue le kagan, « sur la terre bise », que pour donner la vie à la « communauté » turque, au « victorieux peuple turc* », le kagan, suprême magistrature militaire, gardien de la loi guerrière, incarnation de la discipline, doit des comptes à ce peuple « victorieux » ; la grandeur de la nation lui est confiée à bon droit, parce qu'il est le kagan « savant », VÈltèt*è$^ « qui vivifie le peuple »; tout dabord, il lui parle de gloire : « Le Ciel qui donne les peuples, le Ciel, pour que du peuple turc le nom et la renommée ne soient pas effacés, il m*a moimême, ce Ciel, promu kagan. Au-dessus du peuple pourvu de biens je ne me suis pas promu; celui qui n*a pas de nour>>

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