Voir, plus loin, le Cftah Sameh et FirtJousi
sassanidc Bchram Gour, qui repoussa Tinvasion turque en Khorassan (430), le roi Firouz le Vaillant périt on Transoxiane; les Turcs Tèlë maintinrent leur domination dans les Marches de Perse, entre FOxus et le Yaxartes, prenant à revers les Iraniens engagés dans leurs batailles contre lempirc romaine, et contre la puissance arabe à son aurore, avant Tislamisme. Il est extraordinaire que, dès le v° siècle, Tempire sassanide, pressé par tant d*ennemis, à Fouest, au sud et au nord, ne se soit pas effondré. Le salut lui vint de Test, pour un temps très court. Les débris des llioung Nou du nord, les Turcs de rAltaï, vassaux de la Cbine, lancés par la Chine, barbares à demi chinoises, débouchèrent sur l'ouest, comme jadis leurs ancêtres sous le commandement du grand Pan-Tchao; au compte de leurs suzerains chinois, ils rétablirent par le Pé-Lou et par le Nan-Lou, la communication entre le pays du saint Empereur et le Ta-ThstUy la « grande Chine » de TOuest, l'empire romain. Dès la première moitié du vr siècle, le roi « Illustre » des Turcs de l'Altaï, des Tou-Kioue, conduisait ses bandes, bien pourvues par Tempereur de Chine, à travers le Pé-Lou, le Tchélé, contre les Huns blancs — Tie-le du bord de Teau — Turcs Ripuaires, — et les mettait à sac *. La Chine reprenait par procuration le pays de grande conteste que les Arabes allaient appeler Mavera-Ari'Xaliar, « entre les fleuves » Oxus et Yaxartes h lancienne, Amou Darya et Syr Darya à la moderne, tant de fois disputés entre Iran et Touran. Ce Koi « Illustre » piiralt* être le même que le
). • Sur la (in dir rc^nc des sorond.s XVei (Oueî), I-li Khan allaqua les Tie- Us les batlil rompieteinenl, el soumît environ einquanle mille familles • Stanislas Julien, Doruments sur les Tou-Kioue, p. 26). Les seconds IIV?, dans le Nord : 380a 534. Divisés en Oreidcntaux el Orientaux : HSi-SjO. Ht Khan \icui être traduit, également, en Vahspnce d'un fe.rle turc écrit en rnmvteres luirs, par « Hoi des Nations • vl par • Roi Uluslre • ; les formes arrha'i<|ues, telles (|ue les donnent les inscri^dions du Yénisseï et de l'Orkhon, nit* décident A lire Ht {Êlè)^ et à traduire par • Illustre •, au lieu de II (Rh. nation. 2. Dans les in.«rri/>//o/M, (|ui représentent les Irt^s (incientt textes turcs, el
104 INTRODUCTIOfi A L'OISTOIRB DE L'aSIE
personoage nommé Tou-Men par les Chinois, TouMéué par les légendes et les annales turques, Doutoumëne par les Mongols.
Le deuxième successeur de llli-Kagan Touméné-Khan étendit ses conquêtes. Il s'appelait Mokan-Khan (nom chinois), et portait^ d*abord, le titre de Tékine^ réservé au frère le plus jeune du souverain régnant. Sous son règne, l'unité do Tempire hioung nou du Nord-Est fut rétablie. La Chine, morcelée en cinq royaumes, ne pouvait plus rien empêcher. De fait, par les Turcs, le royaume occidental de Chine était limitrophe de la Perse, de l'empire romain; mais si le Turc régnait, c'était le Chinois qui donnait le ton et Tinspiration ; rili-Kagan n'est souvent qu'un protégé chinois arrivé à l'empire grâce à l'alliance avec l'un des cinq royaumes, qu'il sert lui-même contre les Chinois rivaux, et qui l'aide de ses subsides. Mokan-Khan est l'homme des Weï occidentaux. c( S'élant joint aux Weï de l'Ouest, il envahit le territoire des Weï de l'Est, et ils arrivèrent jusqu'à Thaï-Youen *. » La Chine du Nord et les peuples turcs font désormais corps ensemble, comme dans le lointain Ouest les Barbares et l'empire romain.
a En haut le ciel bleu, en bas la terre bise s'élant faits, entre deux, les enfants des humains se firent. Par-dessus les enfants des humains, mon ancêtre, le Boumin Kagan (Mokan- Khan), le fameux kagan s'éleva; s'étant élevé, à la nation turque rangs et lois à garder il donna, ordre il donna*. » C'est en ces termes qu'en 731, le Bilguè KagatXy « rinlolligent Khan », célèbre la gloire de son aïeul, Mokan-Khan.
même dans des textes anciens^ le nom du personnage est remplacé par son titre. Les Chinois, puis après eux les Byzantins, les Persans et les Arabes, confondent, constamment, le titre et le nom, et les emploient, au hasard, Tun pour Tautre.
1. SUn. Julien, p. 27. ThaT-Youen en Chan-Si a dépendu des Tsin (265-i20), puis des Tfuu du Nord (550-571).