‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 4 sur 212 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

coup plus complexes. De plus, toutes ces sociétés, tous ces Etats, en exceptant Tempire des Osmanlis, ont perdu aujourd'hui leur autonomie et, comme on dit, accompli leur évolution ; Tobservateur peut donc les examiner e n pleine lumière depuis une forme primitive déjà nettement caractérisée et bien vivante, jusqu'à Tarrêt de la vie et à la dissolution.

Jusqu'à l'époque où la science et la méthode ont primé la foi et la force brutale, les Turcs et les Mongols ont dominé l'Asie et l'Europe orientale ; l'élan religieux a été pour si peu que rien dans leur éclatante fortune; au temps de leur plus grande puissance, leur empire typique, celui des Mongols, n'avait pas de religion définie; mais tout ce qu'on peut faire avec le sabre, les Turcs et les Mongols l'ont fait ; ils ont incarné l'esprit militaire; leurs vertus sont celles des vrais gens de guerre, le courage, l'obéissance, la droiture, le bon sens ; ils ont été d'exacts gouvernants, de fermes administrateurs; loin de mépriser l'art et la science, ils ont honoré les choses intellectuelles; ils ont essayé de se les incorporer, de se les rendre naturelles. Mais le moule de leur pensée originale était trop étroit et rudimentaire pour contenir et transformer la civilisation persane ou chinoise; enfermée de force dans ce moule, elle ne tardait pas à le briser, et à perdre l'empreinte que lui donnaient* pour un instant, la droiture et la netteté de vision qui sont naturels à l'esprit turc; ces conquérants n'ont pas pu développer, dans leur voie propre et avec leur intelligence innée, ce qu'ils avaient appris des Persans et des Chinois;

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