I. Stanislas Julien, p
S. Bien que l'inscriplion chinoise itoit un panégyrique de Me-ki-lien Kagan t'I de son frère, elle n'est pas la traduction du texte turc. Dan!< ce texte, Me-kilien n'est pas nommé, mais désigné par son titre de fjt'lfjuè karjan^ • khan savant •. La première inscription en l'honneur de Keul Tékine, mort en '31, a été composée par le Bilguè kagan, et achevée de graver le 2K janvier 733; la deuxième, en l'honneur du Bilguè, est de 734.
138 INTRODUCTION A LMIISTOIRE DE L'aSIE
encore le bras assez long pour atteindre les pays islamisés de riran.
A la fin du vn* et au commencement du vni* siècle, en pleine crise arabe, Keul-Tékine conduit ses chevauchées au delà du fleuve Yéntchu (Yaxartes), en Transoxiane, jusqu'à la Porte de Fer, jusqu*à Tautique Bactriane; au sud-est, à Test, il combat les Tangout du Koukou Nor et les Tibétains, il court jusqu'au Fleuve-Jaune, jusqu'à la Grande Montagne Boisée dans le Gobi oriental; au nord et au nord-ouest, il franchit l'Irtyche et ne s'arrête qu'au pays de léring-Iarkou (lougrie?). Il bat ses frères et cousins les Oïgour de la Pentapolc en Pé-Lou, réprime les Kirghiz « dont le peuple nommé Batymy sont (out voleurs », et les puissants Karluk, et les Ogouz, qui déjà, de son temps, font retentir de leurs armes TAtropatène et T Arménie; il lutte contre les Khitaï de Mandchourie, futurs maîtres de la Chine. « Les Begs turcs, mon peuple turc, je leur ai gagné le renom de Rois M »
A ce peuple de rois, les Arabes opposaient deux forces d'autant plus redoutables qu'elles lui étaient plus inconnues, la religion et l'esprit de corps : « C'est par la conquête que se fondent les empires, dit Ibn-Khaldoun; pour conquérir, il faut s'appuyer sur un parti animé d'un même esprit de corps et visant à un seul but... La religion est une teinture au moyen de laquelle on fait disparaître les sentiments de jalousie et d'envie qui régnent chez les peuples animés d'un fort esprit de corps... La puissance des rois et des empires ne saurait êlre ébranlée ni renversée que par un homme ayant pour soutien une puissante tribu, ou un peuple animé d'un fort esprit de corps... Un homme peut avoir toute l'aptitude nécessaire pour remplir les devoirs de réformateur; mais s'il ne se fait pas soutenir par un puissant parti, il