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LBS TURCS ET L'ISLàM 1â9
court à sa ruine '. » Ce qulbn Kbaldoun appelle Tesprit de corps, c'est l'esprit de parti et de famille : « L*esprit de corps est comme le tempérament dans les êtres créés. Le tempérament est un mélange des quatre éléments. Or, un mélange d'éléments qui se neutralisent ne saurait former un tempérament; pour que cet effet se produise, il faut absolument que Tuu des éléments prédomine sur les autres '. »
Le conquérant de la Transoxiane, l'Arabe Kouteïbeli représente l'idéal d'Ibn Kbaldoun, l'incarnation même de l'esprit de corps tel qu'il le conçoit. Avec son instinct de parti, de suite, il distingua l'antipathie entre Turcs et Iraniens, démêla toutes les intrigues, les conduisit à son gré, semant la zizanie parmi ces païens et ces mages, que tant de vieilles haines divisaient.
Les Iraniens de Transoxiane, les Afougks ou Mages, comme les appellent les plus anciennes chroniques arabes, les Sougdak ou Sogdicns, comme les appelle l'inscription de Keul Tékine, mêlés aux Télé ou Huns blancs et à d'autres immigrants turcs, vivaient sous leur domination; de fait, ils relevaient du kagan. Malgré leur aversion contre les barbares du Nord, et la couardise qui finit par anémier le cœur aux gens sans cesse vaincus, conquis et battus, la passion religieuse leur mit, plus d'une fois, les armes à la main contre l'envahisseur musulman . C'est en 672 , qu'Obéïd OuUah, fils de Ziad El Uarithy, gouverneur général du Khorassan au nom du khalife Moaïouah, franchit TOxus pour la première fois, en 674, qu'il se présenta devant Bokhara; Kou- . teïbeh ne prit définitivement possession de la ville qu'en 706 ; mais chaque fois que les pieux garnisaires de l'Islam quittaient la citadelle pour aller batailler contre le Turc infidèle, les mages iraniens rallumaient leurs pyrées; « les habitants