I. Prolégomènes, p. 325 el
a. ibid,, p. 341.
INTRObUCTlOII A L'BttTOIRK DE LASIE. )|
130 INTRODUCTION A L'HISTOIRB DE L'aSIE
de Bokliara feignaient, en présence des Arabes, de pratiquer rislamisnie; après leur départ, ils retournaient aux pratiques de leur ancien culte '. » Âpres la conversion définitive et officielle, l'opposition religieuse prit d autres formes; la Transoxiane inventa, défendit avec fureur toutes les hérésies, toutes les fantaisies religieuses que la passion, Timagination et la haine firent éclore dans ces cerveaux inquiets d'Iraniens visionnaires et illuminés. Quand les sectes et les jacqueries qu'elles soulevaient furent noyées dans le sang, quand les Arabes ne furent plus qu'un souvenir en Transoxiane, à partir d'une dynastie nationale, celle de Samanides, alors seulement, épuisée, la vieille cité des Mages, la vieille ville mazdéenne, s'engourdit dans l'islamisme orthodoxe, et naquit la nouvelle Bokhara, la Rome d'Asie centrale, la ville théologique, citadelle du bigotisme musulman; mais il fallut deux ! siècles à l'Islam pour étouffer, sur cette terre féconde en j hérésies, tous les germes vivaces que les anciens cultes \ avaient laissés dans le sol.
Pour les chrétientés de Sogdiane, l'invasion arabe n'était pas une surprise, comme pour les Turcs. Si pour quelques zoroastriens sectaires, l'islamisme, dans la fraicheurde sa jeunesse, représentait la délivrance d'une odieuse religion d'État, pour les directeurs de l'Eglise nestorienne, tous Arabes syriens, hommes de langue araméenne, les Arabes étaient des compatriotes. Leurs visages, leurs mœurs, leur langage, leur costume, leur manière de penser, et sur bien des points, leur religion nouvelle, leur étaient familiers. Sans rien céder du dogme nestorien, entre le fanatisme officiel des mages et l'enthousiasme islamique, ces chrétiens n'hésitaient pas; ils préféraient, hérétiques eux-mêmes, aux adorateurs du feu, ces hérétiques récents, qui parlaient comme eux, après tout,