Na relia khi, p. 2(>5, Appendice
3. « H (le Kagan) donna... le gouvernement d'Occident à Me-kin (.Mekilien, le Bilgué khan) fils de Ko-to-lo (Koutlouk)... avec vingt mille soUlals. » (Slan. Julien, p. 117.)
n'épousa le prince impérial de Chine qu'en 707. Gour Neghanoun est une mauvaise leçon pour Kourikane; Tabari donne le nom exact : Kouriganoun. Kcul Tékine ne conduisit la chevauchée contre les Sougdak que plus tard, en 724, où il battit, près de Samarkande, les vingt mille musulmans de Sevret ben Abou Bahr El Darimi, qui périt dans l'affaire ^ Que l'imagination arabe ait démesurément grossi le nombre des Turcs, le péril n'en était pas moins extrême. Les armes même manquaient; probablement la noblesse iranienne les avait achetées en masse, avant de se soulever; dans le camp musulman, une lance se vendait cinquante dirhem, un bouclier, cinquante ou soixante, et une cotte de mailles, sept cents *. Kouleïbeb se retrancha, refusa la bataille ; à l'affût derrière ses lignes, il laissa le temps faire son œuvre, et les ferments de zizanie empoisonner l'alliance entre les aristocrates iraniens et les soudards turcs qui, sans doute, ne se gênaient pas pour rançonner les villages et piller le plat pays; puis, quand la saison fut avancée, le pays assez gâté, entre deux escarmouches, il travailla « l'esprit de corps », alluma la jalousie des Turcs déjà pourvus en Transoxiane contre leurs ^faméliques auxiliaires des frontières chinoises, souffla sur le feu qui couvait. Un de ses agents, Ilayian le Nabatéen (c'est-à-dire : TAraméen, peut-être juif ou chré* tien) demanda une entrevue secrète au Tarkhan : « Tu vas perdre la souveraineté, et tu l'ignores... Le froid vient d'arriver, et il nous oblige à nous éloigner. Tant que nous serons ici, les Turcs seront occupés à nous combattre; mais lorsque nous serons partis, c'est toi qu'ils attaqueront. Le Soghd est un riche pays... Les Turcs s*en empareront. » Et le Tarkhan, soucieux, demande conseil au Nabatéen. « — Que
i. • Contre six bandes (liUéralemenl : centaines) des Sougdak nous rimes exp<^dition, nous les délruislines. • Altlùrkische Inschriften, p. 19, 3t. S. Narcbakbi, p. 265, Appendice*
faire? — La paix avec Koulelbeh, et dire aux Turcs que Haddjadj (le Khalife) nous a envoyé des renforts, qu*ils arrivent par la route de Kech et de Nakhcheb... Lorsque nous serons liés par un pacte, tu échapperas au malheur '. »
Le pacte conclu, le Tarkhan en retraite, les Iraniens trahis se dispersent, et les Turcs, restés seuls, et probablement ne recevant plus de solde, s'en retournent, mettant le pays à sac sur leur passage pour s'indemniser. « Dieu éloigna des Musulmans la catastrophe qui les menaçait. Kouteïbeh était resté quatre mois entouré par Tennemi. Pendant ce laps de temps, Haddjadj n'avait reçu de lui aucune nouvelle, et son esprit était assiégé par les plus cruelles appréhensions. Dans toutes les mosquées, on récitait le koran, et on faisait des vœux et des prières publiques pour la délivrance de Kouteïbeh •. »
Gomme ils avaient brouillé le Tarkhan de Sogdiane avec les mercenaires du Nord, les Arabes arrivèrent à le détacher de la Khatoun. Sur elle, ils racontent des histoires extraordinaires, àleur habitude; ses seules boites valaient vingt mille drachmes; elle-même était si belle que lorsqu'elle se présenta, pour négocier un traité avec les Musulmans, devant Saïd ben Osman, ce pieux chevalier tomba féru d'amour pour la Dame païenne, et cette tendre légende fut chantée longtemps par les poêles et par le peuple '. Pour compléter la mise en scëhe, Narchakhi raconte qu'on montra d'abord à la Dame un Arabe gigantesque, enlouré de flammes, sous une tente d'étofTe rouge, et qu'à sa vue elle s'évanouit, ne reprit ses sens que devant le beau chevalier Saïd.