Ibid., p
3. Ce fui vers 630 que Loung-Ozang, chef du lerritoire actuel de Lliassa, soumit successivement les tribus voisines; en 632, il envoya dans l'Inde un de ses ministres, Toumi-Samboudat \iour y étudier le bouddhisme; c'est à son retour que le roi fit construire le Potala, qui est actuellement le Vatican du pape bouddhiste, du Dalaï-Lama, à Lha-Ssa. A cette épo<|ue, les Bouddha vivants n'étaient pas souverains du Tibet, mais seulement d'une ou de plusieurs tribus de l*ouest et du sud-ouest. Les Tibétains Orientaux, les Tangout des Turcs, étaient païens; Loung Dzang les convertit, et eut Tidée de faire déclarer son petit*neveu et successeur, Khi^li-sou-tsan, Bouddha vivant, quarante et unième incarnation de Bouddha; ce fut en 6S0. • Celui-ci est donc véritablement le premier Lama, ou chef de la religion bouddhique, qui ait été en même temps roi de tout le Tibet, et Ton peut dire que de cette époque date le système religieux et politique appelé Lamaïsme, dont le chef fut le premier Dalaï-Lama^ au sens que nous donnons à ce titre, qui ne fut créé que plus tard par l'empereur de Chine. » (Dutreuil de Rhins, CAsie ctntraie, p. 2.)
Tibet, s^élaient convertis au bouddhisme, qui devait trouver, dans les hautes vallées et sur les plateaux presque inaccessibles, entre THimalaya et le Kucn-lun, son lieu de refuge et sa sainte citadelle; à la même époque, les Tibétains commencèrent à se rendre redoutables à la Chine; il y eut, à l'ouest du grand coude du Fleuve-Jaune, au sud de la Grande Muraille, des Marches tibétaines, comme il y avait des Marches turques au nord. Par les pays du Lac-Bleu ', ces Thou'fan ou « barbares du Tliou * » installés au défaut de la cuirasse, au sud-oues de la Grande Muraille, coupaient les communications entre la Chine et le Nan-Lou. A la fin du vu* siècle, ils envahirent le Nan-Lou, ravagèrent JHexapole, puis se retournant brusquement contre les Chinois, les battirent au bord du Lac-Bleu, coururent, par la trouée de la Grande Muraille, tout le long du haut Fleuve- Jaune. Les bouddhistes de THexapole se laissaient piller, volontiers, par de si pieux sauvages, qui offraient la dlme de leurs pilleries aux monastères du Bouddha Maïtreya, et frappaient la terre du front devant les autels, dans les abbayes des Lamas. Pour ces rudes montagnards de Tibet, grimpeurs de pics, coureurs de glaciers, le Tian Chan n*était pas un obstacle, ni les Tsong-ling, « les Monts Bleus ». En 715, ils franchirent lestement ces taupinières, passèrent par leTerek Davane, « le Port des Peupliers », dévalèrent en Fergana, tuant et saccageant. Quand les Arabes les virent descendre, le lourd coutelas national sur les reins, le klton ferré au poing, les adroits musulmans comprirent le parti qu*ils pouvaient tirer de ces païens contre les débris des mages, contre les Turcs têtus dans leur loyalisme militaire, et contre la Chine, la grande Chine qu*eux, les musulmans prêcheurs et