On s'y battait ft ce moment
2. Bouka, en turc, signifle • le Fort •; Baguir est radoucissement arabe du lurc oriental pakir^ m cuivre «; c'est un nom de guerre.
152 INTRODUCTION A L'HISTOIKB D£ L'aSIB
main prèle; Bouka ne le donne pas. Enfin, il lui propose de tuer le fils du khalife : « Gela ne servirait à rien, dit le coupejarrets turc. — Et pourquoi? demande son maître. — Tuer le fils et laisser vivre le père, reprit-il, votre entreprise demeurerait inachevée, car le père vengerait son fils Commençons par le père; TafTaire du fils sera plus aisée Je
m'en charge Entrez chez le khalife derrière moi; ou je le
tuerai, ou je n'y réussirai pas. Si je le manque tuez-moi, et jetant votre sabre sur mon corps, dites : Cet homme avait voulu assassiner son maître *. » L'anecdote, qui se rapporte à l'année 247 de Thégire, a été écrite à Bagdad vers 350 de rhégire; en 463, le Koudaikou Dilik^ « l'Art de régner », composé à Tautre bout du monde turc, à Kachgar, définit un bon serviteur par ce vers :
Sekirtur, ya eulturur, ya ouroiichi eulur, II taille, il tue, ou il meurt en combattant.
Le bon sujet oïgour des frontières de Chine et le spadassin kankli d'Arabistan se font, à cent ans d*intervalle, exactement la même idée de la morale et de l'honneur.
La politique des khalifes envers ces terribles aventuriers turcs dont ils ne pouvaient se passer, fut de leur offrir tout ce qu'ils pourraient gagner par Tépéc dans les Marches occidentales; on leur donna des liefs à prendre sur les Romains; c'est ainsi que se fondèrent dans la Syrie du Nord et en Asie Mineure les châtellenies et les marquisats turcs, formant une barrière, des Marches nouvelles, entre l'Islam et le pays de la guerre sainte, des infidèles. Contre Roum, pour gagner terres et châteaux en Anatolie, litres et honneurs à la cour des khalifes, la croisade des condottieri turcs, l'exode des grandes compagnies furent incessants, à partir de la fin *