‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 74 sur 212 · En turc. • Ip fauron blanc ». Tous ces noms sont turcs · texte numérisé non relu

En turc. • Ip fauron blanc ». Tous ces noms sont turcs

pour sa croisade dans Tlnde, les Turcs Kara-Khitaï du Liao devenaient les maitres en (iliine. Celte nalion des Kliilaï demeurait dans le Sud du pays actuellement nommé Mandcliourie; mais beaucoup de ses émigrants, pour des raisons qui nous sont inconnues, avaient dû, au lieu de s*établir en Chine, se jeter dans la lande, au nord-ouest, et se faire Kazaks, avant le xi"" siècle ; lorsqu'au xn% le dernier empereur kara-khitaï de la Chine du Nord se fit Kazak à son tour, arrivant dans TOuest, sur Tlmil, les gens du pays, qui étaient des Kirghiz, le reconnurent au cri de guerre et de ralliement : Oulou Tùy Oulou Ta! « Grand Mont, Grand Mont! » De nombreux clans kirghiz et euzbeg portent, de nos jours, le nom de Khilaï. Le clan qui avait Thégémonie, parmi les Khitaî au x* siècle, se distinguait par Tépithète de Kara^ c( Noir », et le patronymique de ses chefs héréditaires était, d'après Torthographe chinoise, Ye-Lou *.

Dans les troubles qui précédèrent la chute des Tbang, cette famille de Ye-Lou avait rendu des services aux partis chinois, s'altachant particulièrement à ceux du Nord. Leurs bandes, mal payées, s'étaient contentées du médiocre fief qui entourait la ville murée de Yen; quand les Ye-Lou prirent officiellement le protectorat du Pé-tché-Li, Yen devint leur capitale : les Chinois l'appelèrent Pé-King^ a capitale du Nord ' ». Le pays avait besoin de sécurité; sans grandes luttes, il accepta ces protecteurs, qui n'étaient ni trop arrogants, ni trop exigeants; au commencement du xi* siècle, la famille de Ye-Lou, de la nalion de Kara-Khitaï, gouvernait la Cliine jusqu'au Fleuve-Bleu ; ces Ye-Lou, parmi tous les Turcs, sont les seuls qui ont mérité l'honneur d'être regrettés par les Chinois. Au sud du Fleuve-Bleu, la famille nationale

1. C'est prutmNemenl le vieux nom turc loUoug. Le lils du Bilgué Khan, dans riiiscri|>lion de Koiil Trkine, s'appelle loUoug Tékine.

2. Brelsclincider, liwherchf» archéoioffitjueê et hislorûfueê »ur Pékin,

IJITMOliLXrlON A LHI»TO|||E 01. L*ASIC. f 3

des Song avait, .tant bien que mal, refait Tunité dans une moitié de l'empire.

Les Turcs du Liao n*avaient pas eu l'audace de substituer leurs princes héréditaires à une famille chinoise. Ils maintenaient, àPé-King, la capitale du Nord, un fantôme de Saint Empereur, comme leurs congénères Seldjoukides, à la même époque, maintenaient à Bagdad une apparence de Khalife. De 1101 à 1125, Tempereur fictif de la Chine (du Nord) s'appelait Tien-Tso; l'empereur réel, le Turc Khitaï, s'appelait Ye-Lou-Ta-Chi; ce Turc était d^ailleurs, comme les Occidentaux de sa race, protecteur des lettres, lettré lui-même : les annales chinoises racontent qu'en 1115, il passa l'examen du doctorat \ fut reçu de l'Académie de Han-Lin, et fonda celle de Lin-Ya. Cet académicien chinois était si bien resté Turc qu'après avoir changé trois empereurs, lorsque les Toungouzcs Niu-Tchi ', les prédécesseurs de nos Mandchous actuels, forcèrent les barrières de l'empire, s'emparèrent de Pé-King, et fondèrent la dynastie des Kin ', qui signifie (c d'Or », le c( grand docteur », sans s'émouvoir autrement, commença par tordre le cou aux ministres chinois qui formaient son cabinet civil, puis, montant à cheval avec les gens de sa maison militaire, prit le chemin de la lande, sans phrases, et alla se faire Kazak au grand refuge, au nordouest, sur la steppe des Kirghiz (1120). En Pé-Lou, le fugitif fut accueilli avec enthousiasme. Dans une assemblée gêné-

1. Taïchi, Taïdji, à la turque, formé du chinois, — • grand docteur •.

2. Sous leurs noms difTérenls alors, Djou-Tchi, Tchortcba. « Cela ne veut pas précisément dire que les Mandchous sont issus des Niu-Tchi. En efTet, ces premiers dominateurs de la Chine septentrionale formaient un agrégat de tribus congénères, et non une seule et même tribu largement développée. La race qui règne aujourd'hui dans Tempire chinois peut très bien descendre, non de celle qui portail spécialement le nom de Niu-Tchi et avait soumis toutes les autres, mais de Tune des tribus de même origine, absorbée dans la Confédération niu-tchie. • (De Harlez, Niu-Tchi et Mandchous, p. 4.)

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