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LIVRE III

Pendant que les Turcs chinoises, Kara-Khitaï et Oïgour, se partageaient TAsic avec les Turcs iranisés, Kankli et Kalalch, les Niu-Tchi s'aiïermissaient en Chine. Celaient les gens qui habitaient entre le fleuve Amour et son affluent le Songari à Touest, la mer à Test, la Corée et les Marches du Liao vers le sud. Niu-Tchi est le nom chinois que les Turcs et les Mongols reproduisent par Djoulchi, Djourdji^ Tchortcha. Les Niu-Tchi appelaient leur nation, suivant leurs dialectes, /lisiw, A'ijin, « d'or » ou « dorée »>; les Chinois traduisirent ce titre par A'?/i, les Mongols et les Turcs pcir AUun, qui signifie la même chose, lorsque les Niu-Tchi nommèrent leur empire en Chine : Aïsin Gouroun, « Fenceinte dorée » '. En 1120, le roi des Tchortcha força les défilés qui conduisent en Pc-lché-li, et s*empara do la capitale des Liao qui s'appelait alors Yen et qui s*appelle aujourd'hui Pékin; en 1153, son successeur v établit sa cour dorée

I. Nom feprîs plus lard par la dynastie mongole du OcchUi-Kiptchak cl de Russie; nous en avons fait « la Horde d'or •. Il faul prendre • cnoeinle • dans le sens de • palais, quartier impérial •.

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impériale. Il élait maître de la Chine jusqu'au Yang-lscu- Kiang. Au sud régnait la dynastie des Song; d'abord, en vrais Chinois, ils avaient aidé les Kin, dans lespoir que Niu-Tchi et Kara-Khitaï s'entre -dévoreraient, et qu'eux, Chinois, profitant de ces guerres entre barbares, mettraient le holà, quand les gens du Nord seraient assez affaiblis, et reconquerraient leur domaine jusqu'à la Grande Muraille. L'empereur turc Ye-Lu-Ta-Chî prit si galamment son parti après les premières défaites, qu'ayant planté là son académie chinoise, pour se faire Cosaque en Turkestan, il laissa les Song et les Kin se débrouiller entre eux. D'abord, on se battit un peu, pour la forme, puis on s'entendit, on fit une cote mal taillée; une partie des bandes turques restées dans les garnisons passa au service des Kin, une autre à celui des Song; les empereurs d'or demeurèrent à Pékin, régnant sur le Pé-lché li, les deux Chan \ le Honan et le nord du Chen-Si, les Song à LiNgan, qu'on appelle aussi Hangtchéou, régnant sur la Chine du Sud; les rivières Hoaï et Han formaient la limite entre les doux empires. Le premier soin des Song fut de rechercher une alliance parmi les nations turques du Nord, pour se garantir contre les empiétements de ces Niu-Tchi avec lesquels ils venaient de s'entendre, et pour se défaire de ces barbares qui les avaient débarrassés des Turcs Liao, et se substituaient à eux, voisins encore plus rogues et plus insolents. Les Song cherchèrent donc dans le Nord, le plus loin possible, des épécs à leur discrétion, contre les Kin et contre les Khilaï; des épées, on en trouvait, là-haut, parmi ces princes faméliques, vivant des ressources aléatoires que leur rapportaient la chasse, la guerre, les traités de protection avec les guildes marchandes et les bonnes villes, sans parler du maigre revenu de leur

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