I. Chan Af on occidental; CInn lounq on oricntul
cheptel. Le premier qui s'oiïrit fut un chef de Turcs Kéraït; il avait du Lien dans le Nord, sur la moyenne Kéroulëne, du côté du lac Bouyour, des terres cultivées, des casaux; il s'adjoignit un camarade, un frère par adoption, de lignée turque par les femmes; l'associé s*appelait Vésougueï, et portait le surnom guerrier de Bagaior^ « le hardi, le vaillant ». Une dizaine d*années après Talliance, en 1162, ce Yésougueï eut un fils qu'il nomma Témoudjine^ et qui se nomma lui-même, quarante ans après, Soutou Bogdo Daiming Tchinghiz Khaghan; c*est notre Gengiskhan.
La famille de Yésougueï était de grande considération parmi toutes les nations vivotant, assez misérablement, au nord des Marches chinoises, entre le Songari et Tlrtyche. On appelait ses ascendants les Bordjiguèiie^ « les yeux pcrs » '. La légende mongole bouddhiste leur donne une origine miraculeuse : Dobo Men^guène épouse la vierge Alang Goa^ conçue dans la pureté, ou, comme nous dirions, sans péché, par Baragodjine Goa; il en a deux fils, et meurt. En état de veuvage, Alang Goa est visitée par une apparition surnaturelle, puis à la suite de ce miracle, conçoit et met au monde trois fils qu*on appelle Bougou Khataki, Bougou Saldjigho et Boudantsar Mong khan; les Bordjiguène sont de la lignée de ce dernier. Abou'l Ghazi, Khan de Khiva, descendant de Gengiskhan, raconte la même légende dans son « arbre généalogique des Turcs et des Mongols », compilé sur des documents musulmans ' : « On donna le nom de Niroun — origine pure — à toute la lignée de ces trois frères, parce que, diaprés la croyance des Mongols, ils étaient nés de la lumière. » En turc et en mongol, Al signifie « vermillon » et au figuré, « brillant, noble ». Dans la légende turke-oïgoure
f. m Dieu foncé, avec le pourtour de la prunelle d*un noir tirant sur le rouge ', traduit Abuulgliazi (p. 12). On pourrait traduin^ • les yeux fa u vos -. i. Le livre d'Aboulirha/i est de )fi63; voir pin» haut, p. Hi.
202 INTRODUCTION A L'HISTOIRB DE L'aSIB
de Kachgar, qui raconte la vie et les miracles de saint Satik Boghra Khan, « le premier qui fui musulman parmi les
Turcs ' », la princesse Ala-Nour ', « feu la noble dame
dont rhistoire est pareille à celle de Marie la Bénie », est visitée par l'ange Gabriel, sous forme d'un rayon de lumière, et conçoit, sans péché, un iils qui s'appelle le « Lion », après quoi elle se marie, et met au monde trois fils, Mehemed le Lion, Yousouf le Lion, et le Lion Rouge, roi et empereur. Dans l'ancienne histoire chinoise écrite un an après Texpulsion des Mongols ', le miracle est raconté d^une manière différente, mais l'endroit où il survient est précisé; il se passe entre les rivières Toula et Selenga, en terre sainte, où l'on montre encore aujourd'hui la forge de Gengiskhan^ près de Karakoroum, au pays de ces anciens rois turcs qui correspondaient, au \f siècle, avec l'empereur romain de Byzance, au pays où les nations turques se réunissaient, en pèlerinage, sur deux montagnes, dont l'une s'appelait « Montagne de la Face divine ' » et l'autre « Montagne de l'Ëpouse* ». La Montagne de l'épouse est à côté de Ho-lin, qui est le nom chinois de Karakoroum. Tout près encore est une autre montagne, celle du « Bonheur ^ » ou de la « Puissance » ; tant qu'elle restera là, les gens de Karakoroum seront tout-puissants; les Chinois imaginent de l'émietter, en la calcinant et eu y ver«>