Sanang-Selzène, p. 181, ù l'année
3. C'est, évidemment, un fragment de chanson ; on le reconnaît sans peine. Je donne la consonance en turc djagalaï, que je prends dans AbouMghazt, pour montrer Tallure et le rylhme de la chanson :
Bon ogiane oloug Padcha boiilour,
Yer yuzining bartchasine alour,
Keup illarni vilayetlarni kall amro kilour.
Sanang'Setzène (p. 63) dit qirà sa nais^anoe. Tëmoudjine recul encore le nom de Tengri Eugguksène, ■ Dieu-donné •.
« Tek bouldiy sort fixé »» ajoute ÂbouMgliazi dans son bref langage populaire.
Le père, avant de mourir, avait assuré de son mieux Tavenir du jeune Témoudjine, de ses frères et de ses peuples. D*abord, il lui avait ménagé une nouvelle famille en cas de malheur; il avait « bu le serment » avec le petit-fils de Margouz * Khan, le roi des Turcs chrétiens Kéraïtes. Ce chef s*appelail de son nom Togroul, <c le pourfendeur », comme le deuxième Seldjoukide. Il était Tancien compagnon d'armes et allié de Yésougueï, qui prit parti pour lui dans ses querelles avec son frère Erké Kara, et l'aida deux fois à rétablir son autorité sur ses sujets révoltés; son pays entre la Kéroulènc et la Selenga, près du haut Orkhon, était celui des anciens Turcs si puissants au vi^ siècle, le pays c< de la nation kéraïte (|ui tient maintes cultures et bourgs, et aussi bétail à foison' ». Kn vidant ensemble la tasse où ils avaient mélangé leur sang dans Teau-de-vie de lait, Yésougueï et Togroul devenaient Anda^ « frères parle serment », et, suivant la coutume turque et mongole, Tun des Ânda mort, son fils pouvait réclamer l'adoption et paternité de Tautre.
L'assurant du côté do Touest, il lui avait préparé une alliance à Test, dans celte puissante maison des Koungrad, qui tenait à la fois aux Turcs et auxTatar, aux Mandchous trans-songariens; ilTavait fiancé à Burté-Djoudjine, fille d'un chef koungrad, qui s'appelait Daï-Sctzène '; elle n'avait que neuf ans. La légende mongole raconte que Tcmoudjine, alors Agé de douze ans, répondit aux critiques qu'on lui faisait sur Tàge de sa fiancée : « Je sais qu'elle me sera utile un jour: laissez faire! » La légende ici, éclaire l'histoire, et montre quel fut le véritable but politi(|ue de l'alliance. Le