Rhondémir. Extraits par Defrémery, p
dans les plus terribles rigueurs du Tchinghiz Khan, ses pires ennemis n'ont pu découvrir Tapparence d'un caprice. Ses pires tyrannies sont l'exécution littérale du Règlement et de
^ rOrdonnance. Aucun contemporain ne s y est trompé : Join-
ville et Marc Pol, les plus directement informés, ne voient en lui que le ferme législateur.
« Il mourut, dont ce fut grand dommages, pour ce qu'il esloi preudomme et sage », dit Marc Pol ^ « Il procura paix », dit Joinville.
L'unité que l'Empereur Inflexible exigeait dans la loi et dans l'exercice du pouvoir, les événements l'avaient réa-
^ lisée dans le peuple. Ce Kouriltaï qui acclama Témou-
^ djine pour son Tchinghiz Khan, cette assemblée ou figu-
raient dix-neuf peuples turcs et toungouzes avec vingt-six tribus mongoles proprement dites *, ne représentait plus une confédération de tribus, mais une nation homogène, dans laquelle l'autonomie des tribus était brisée; sans doute, chacun se souvenait de sa généalogie, mais à titre personnel ; tous ensemble, ils n'étaient plus ni Nékrine, ni Ourmangout, ni Oïrad, ni Taïdjiout, ni Tatar, ni Mcrgued, ni Naîmane,ni
^ Kéraït, ni Barlass, ni Barine, ni Arlad, ni Djélair. Ils étaient
Mongols, les Mongols Bleus, la première nation du monde. Hautement, le Tchinghiz Khan le leur dit, quand devant le Kouriltaï, sur la butle de Deligoun-Bouldak, entouré des étendards sacrés, ayant & ses côtés le grand saint Gycuktché
1^ descendu du ciel, il jura le pacte national : « Ce peuple... qui
envers et contre tous, sans regarder à mes peines et périls, s'est fait inséparable de ma personne, ce peuple qui d'un cœur égal, acceptant joies et douleurs, a donné ce grand
^ corps à ma forte pensée... Ce peuple, pur comme le cristal
de roche, qui pafmi tous dangers a fait rayonner sa loyauté