Édition Paulicr, I
S. Voir la liste dans Abouighazi, p. 38 è 63.
246 hNTRODUCTION A L*HISTOIRE OE L'ASIE
jusqu*au but de mes eObrls, je veux qu'il s'appelle les Mongols Bleus *; au-dessus de tout ce qui se meut sur terre, qu'il grandisse et s'élève *. » Sans doute, le discours attribué par la légende mongole au Tchingbiz Kban ne reproduit pas exactement les paroles qu^il a prononcées, dans cette journée solennelle où il fut véritablement sacré par la volonté nationale, où il prit, d'une main forte, Théritage des empereurs Hioung-Nou, et des Kbagans turcs; mais cbaque action de sa vie sert de témoin à la barangue que lui prête son descen* dant, Sanang Setzène; vraiment, à partir de ce jour, la nation mongole existe, autonome, bomogène, et sous la direction de son Empereur Inflexible, elle va grandir et < s'élever au-dessus de tout ce qui se meut sur terre ». Si le discours légendaire ne reproduit pas la barangue du Tcbingbiz Kban, il en donne certainement l'esprit; le souffle menaçant de la bcle y est.
Relever la bannière de l'empire bioung-nou, et de son béritier, Tempire turc, c'était déclarer la guerre à la Cbine du Nord, à < l'enceinte dorée ». Personne ne s'y trompa. Peut-être y eut-il de l'opposition, au sein même de la nation mongole; les cbroniques turques et musulmanes racontent que le grand saint Uueuktcbé fit grise mine, et que le Tcbingbiz Kban cbargea son assoromeur ordinaire, son frère Djoudji le Tigre, de le débarrasser d'un aussi dangereux censeur; les Gbinois et les Mongols ne disent mot de l'affaire, ces derniers, bien naturellement, puisque le Tcbingbiz Kban ne peut être, pour eux, qu'un précurseur de la conversion au bouddbisme, et que Gueuktcbé ne doit pas être assassiné dans une pieuse bistoire écrite pour rédidcation des lidëles. Toujours est-il que, dès Tannée 1207, qui suit son élévation à Tempire, nous voyons le Tcbingbiz Kban en mouvement,