Voir plus haut, p
2. Traduction idenliquedu Ujami'cl-tevarikhy * la Somme des chroniques • (en persan), d'après d'Ohsson, et du Yuan-chao-Pi-Shi, • Biographie des grands hommes mongols (en chinois), dans Brctschneider, p. IIH.
Djamouka mort, Guclilug en fuite, lui seul bataillait, chouannait dans le nord; il fallait en Finir; le Tcliinghiz Khan mit à ses trousses le jeune Souboutaï, donnant ainsi un brevet d'infaillibilité à ce général de vingt-trois ans; Tétonnant gamin fit honneur au choix de TËmpercur Inflexible, serra de si près le dernier ennemi national de son maître qu*il Taccula sur rirtyche, le battit et le tua (1209). Le Nord était définitivement conquis, la Sibérie cl la grande lande soumises, la puissance militaire et territoriale des Mongols solidement assise. Enfin, Tiémoudjine était libre du côté de la Chine; la mort de Tempereur du nord, Tchang-tzong, le dégageait de son serment militaire et féodal; jamais ce méticuleux observateur des formes et des règles n*eùt osé rompre avec un prince auquel il était lié par des engagements personnels, ayant mis ses reitres à son service. Â son successeur, il ne devait plus rien. Ce nouvel empereur Kin prenait modestement le titre de roi « Oueï-Shao-Ouang » — « sa mère s^appelait Lisze. Il était d'une haute stature, avait une barbe superbe, un cœur foncièrement modéré et désintéressé; peu soucieux des ornements et des peintures... La huitième année Tai-Ko
(1208), le onzième mois... les grands de TEtat le proclamèrent souverain du royaume, d*après le testament du roi défunt... Il envoya une lettre officielle au roi des Mongols, Témoudjine, pour lui annoncer qu*il avait succédé au trône d'Aïsin. Témoudjine demanda à l'envoyé d*Âïsin qui était le nouveau roi. L'ambassadeur répondit : « C'est Oueï-Ouang. » Témoudjine, se retournant, cracha et dit : « J'avais toujours pensé que le souverain de TEmpire du Milieu était le Fils du Ciel. Se peut-il que ce soit un semblable personnage? Puis-je aller lui rendre hommage *? »
{. Aisin Gurun, p. 203. Le rêcil musulman chI identique : • Un imbêrilc comme Oueî est-il tligne du l^<^ne?tn Témoudjine doit-il lui rendre hommage? * Ce disant, il leur tourna le dos el monta à cheval. •
282 INTRODUCTION A L'UISTOIRB DE L'ASIB
Le Tchinghiz Khan avait froidemeat prémédité son coup; la provocation brutale qu'il adressait à Tempereur de TEnceinte d'Or trahit Timpalience, la h&le fiévreuse d*en venir aux mains, car elle est hors de ses allures habituelles; sauf en cette occasion, les discours, les messages, les actions de Tcmoudjine portent une empreinte de politesse hautaine, brève, impérieuse, mais toujours exacte jusqu'au scrupule. Il est possible, d'ailleurs, que la sortie violente contre Tempereur Niu-Tchi ait été provoquée par les prétentions, par rinsistance, peut-être par une maladresse de son ambassadeur, bien que les emportements autres que calculés ne soient guère dans le caractère du froid et correct Tchinghiz Khan. Qu'il se soit emporté ou qu'il ait joué la comédie, toujours est-il que l'Empereur Inflexible tenait à brusquer les choses. Quelle que fût la puissance de dissimulation de Témoudjine, il fallait que l'Empereur d'Or fût vraiment un u imbécile », comme il l'appelait, pour ne pas s'apercevoir de ses préparatifs; depuis six mois, il s'était muni, de tous côtés, à la vue et à « la barbe superbe » de cet innocent « au cœur foncièrement modéré )>. Il avait achevé, dans une nouvelle campagne rudement conduite en Ho-Si, <« à l'ouest du fleuve », de rallier, par force ou par promesses, les princes brigands de Ilia; par eux, par leurs accointances, il était sûr de la grande jacquerie chinoise; ami intime des « Habits rouges », il avait poussé l'affection pour eux jusqu'à épouser — en nom et en titre, bien entendu, car cet homme d'ordre ne connut jamais d'autres amours qu'en politique * — la fille du roi de Hia. De retour à Karakoroum, il reçut la visite de
i. La grande impératrice, qui lui avail donné son fils aîné, après une excursion de neuf mois chez les Mergiied, le trompa publiquement avec son musicien Argassoun. L'Empereur Inflexible accorda sa grâce au musicien, et fit des excuses à l'impératrice, d'avoir épousé — alliance politique — une sous-impératrice ta tare. Sanang Sctzène raconte celte curieuse histoire,
son féal, Tldi Kout des Oïgour de Penlapole, Bartchouk; à la vérité, il l*avait fait surveiller, et compromettre par Souboutaï, dans toute Taudace de sa jeunesse. Le terrible capitaine avait conduit, bon gré mal gré, cet honnête roi oïgour à la chasse des quatre fils do Tokta Begui — tous tués les armes à la main ; ce fut Técrasement de la couvée — et à une bonne querelle avec Guchlug, qui ne pardonnait pas facilement; il Tavait obligé à couper le cou aux résidents de Kara-Khitaï en Pentapole. Aussi Bartchouk écrivait-il au Tchinghiz Khan : c< Je déteste les Khitaï et, depuis longtemps, désire me mettre en votre pouvoir. Maintenant que le message de Voire Altesse m*cst parvenu, je suisiieureux d'avoir Toccasion de réaliser mon désir; ma joie sera d'apprendre que toutes les nations ont reconnu la suzeraineté de Votre Majesté *. » En même temps que Tldi Kout venaient le sire d'Almalik, Ozar, bon Turc et bon chrétien, exaspéré par la persécution de Guchlug, et le roi des Turcs Karluk, établis dans Tllexapole, sur la Tarim; c'était Arslan Khan, « le Sire Lion )> ; il profitait du désordre pour se dégager des Kara-Khitaï, demander un domaine éventuel du côté de Kachgar. Le Tchinghiz Khan promit tout ce qu*on voulut, reçut dans son armée les volontaires et les retires d'ArsIan, de ridi Kout et d*Ozar, qui retournèrent chez eux, pour se garantir contre Guchlug.
Avec les Song en Chine du Sud, il avait traité ferme et tenait bon; les Chinois lui gardèrent parole, mirent leurs bandes sur pied. En Liao, ces Turcs Khitai dont il faisait si bon marché au profit des Oïgour, là-bas, en Nan-Lou et en Pé-Lou, se donnèrent de cœur à lui, par haine contre l'ennemi héréditaire, le Mandchou. Le lendemain du jour où l'Empereur Inflexible insultait TEmpereur d*Or, toutes les