‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 98 sur 212 · I. Yuan Shi, dans Brelschnelder · texte numérisé non relu

I. Yuan Shi, dans Brelschnelder

calamités fondirent ensemble sur TEnccinto Dorée; les brigands de Hia passèrent le grand fleuve, se jetèrent sur le Kan- Sou et le Chen-si; les nationaux chinois franchirent les rivières Hoaï et Han, entrèrent en Ho-Nan; les Jacques en habit rouge surgirent de toutea parts; à Textrème est, les Turcs du Liao se levèrent en masse; au nord, Tarmée mongole, prête, équipée, dressée, marcha droit sur la Grande Muraille, devant laquelle Tattendaient les traîtres gardesfrontières, les Turcs Ongout, les Turcs et Tatares Koungrad. Le Tchinghiz Khan marchait de sa personne avec le gros des troupes, commandé par son conseil militaire, Moukhouli. Djébé él Souboutaï menaient Tavant-garde.

Dans cette jeune armée turque et mongole, trempée par tant de guerres de détail et de chicane, lancée pour la première fois en une expédition d'ensemble, avide de voir la grande guerre, l'enthousiasme faisait battre tous les cœurs. Le Tchinghiz Khan, vrai manieur d*hommes, si jamais il en fut, leur avait donné une conscience, une passion; dans ces tètes obscures, il avait allumé Tidée de patrie, de nation. L'honnête Joinville, après avoir entendu Icb récits de tant de gens qui avaient vu les grandes guerres, ou qui avaient parlé aux survivants, ne s*y trompe pas, dans son brave cœur de soldat; mais il met, à sa manière, de son mieux, suivant son intelligence, TafTaire au compte de la religion. II fait accompagner le Tchinghiz Khan fourvoyé, par saint Georges en personne, qui le ramène à son armée; c*est Dieu qui l'envoie à son aide * : « Et li roys [céleste] se tourna devers grant foison de chevaliers, si bien armés que c'estoit merveille dou regarder; et appela l'un, et dist : Geoi^es, viens ça. Et cili vint et s'agenoilla. Et li roys li dist : liève sus, et me meinno costi à sa herberge sauvement... Silost comme ses peuples le

i. Joinville, éd. Soc. Hist. de France, p. 173.

virent, ils firent si grant joie et touz li os aussi, que nulz ne pourrait raconter. »

C'est Abou'Ighazi qui nous donne le mieux Timprcssion, en son simple turc : a Ensuite, il réunit I*assemblée des seigneurs mongols en un certain Hou, et leur dit : Les empereurs de Chine, savoir ceux d'Or, à mes ancêtres, à mes parents, ont fait tant de maux! A présent, le Dieu très haut m*assurc la victoire. En ce royaume de Chine, de revendiquer, sur la personne de ses empereurs d'Or, le droit de mes ancêtres, de mes parents, il me donne Toccasion, le pouvoir *. M Les parents, c'était la nation turque. Tous ceux de l'est, Khîtaï, Oïgour, Karluk,Koungrad, Mangout et Ongoul, Kéraït et Naïmane, Oïrad et Torgout, tous ensemble, tous les descendants d'Oghouz Khan, tous les enfants du Loup gris, tous les échappés de TErkéné-Koun, coururent, à la suite du Tchinghiz Khan, du Bordjiguène issu de la Sainte Biche et de la Pure lumière, pour venger sur Tennemi national, sur le Mandchou, les maux que les Chinois avaient faits à leurs ancêtres, aux Hioung-Nou de jadis.

Du cAlé des Kin, rien n'était prêt. Le pauvre empereur à « barbe superbe », le noble et bel « imbécile », fut pris au dépourvu, laissant ses généraux sans ordres, ses troupes dispersées en cordon, en face des Mongols concentrés, et d*uu capitaine comme Djébé. Ce prestidigitateur commença, sur les braves Niu-Tchi, qui n'en pouvaient mais, la série de ses terribles tours d'escamotage. Il avait devant lui deux armées niu-tchi rassemblées à la hâte, puis les défilés dans les contreforts des monts Khingan, puis le fleuve de Yehol, puis la Grande Muraille; tout fut emporté à la course. « Les généraux n'avaient pas mis la frontière en étal de défense... lorsque les Mongols furent arrivés aux monts Yei Iloling

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