SOS
ont plus de foi qu'ils ne croient. Prenez 1
par le bon côté, je vous prie. Quand la vérité vous
manque sur un point et qu'elle ne vous manque pas
LES GRA>F»F.S ÉPOQIES DE L'IIISTOIIIË.
sur un autre, allaciiez-vous à cette portion de véiilé que vous possédez et agrandissez-la successivement. De même, quand vous voyez un de vos semblables qui, ne pouvant trop se nier lui-même, car c'est là un tour de force dont on s'avise assez peu, se met à douter de l'existence du monde, ce qui n'est pas non plus trèscommun, et surtout de l'existence de Dieu, ce qui paraît plus facile sans l'être davantage, dites-vous, répétezvous perpétuellement que cet être n'est point dégradé, qu'il croit encore à quelque chose , puisqu'il affirme quelque chose ; que, par conséquent, il a de la foi, que seulement cette foi se concentre sur un seul point ; au lieu de le considérer dans ce qui lui manque, considérez-le plutôt dans ce qu'il possède; et vous verrez que dans la réflexion la plus bornée, la plus sceptique, subsiste toujours un élément considérable de foi et des croyances assez étendues. Yoilà pour la réflexion. Mais sous la réflexion est encore la sponîanéilc; quand le savant a nié l'existence de Dieu, écoulez fhomme, interrogez-le, surprenez -le, et vous verrez que toutes ses paroles enveloppent l'idée de Dieu, et que la foi à Dieu est à son insu au fond de son cœur. La spontanéité indestructible de la pensée est toujours là, qui produit et soutient toutes les vérités essentielles ; l'erreur n'est jamais entière, elle n'est que partielle ; elle vient de la succession nécessaire des différents éléments de la vérilé et de la pensée sous l'œil pénétrant mais borné de l'esprit liumain.
Ce que je viens de vous montrer sur le théâtre limité de la conscience individuelle, transporlez-le sur celui de
SIXIÈME lECm. •
la conscience nniverscUe, c'csl-â-dire dans l'hisloirc. L'unité y est aussi avec ses différences nécessaires, qui grandissent en proportion de la scène.
Les différents éléments dont se compose la conscience du genre Inininin ne se développent dans l'Iiisloire qu'à la condition d'être successifs, de paraître l'un après Tautre ; et quand l'un paraît avec la grandeur et l'éclat qui lui appartiennent, le genre humain, dans sa faiblesse, n'aperçoit que celui-là. Il a raison de croire que cet élément existe; mais il a tort de croire que celui-là seul existe. De là l'erreur. Ici encore l'erreur n'est qu'une vue incomplète.
Tout élément particulier qui passe sur le théâtre de l'histoire, après y avoir paru quelque temps, est condamné à dis})araître : puisqu'il avait commencé d'être, il devait cesser d'être. Cela seul qui ne commence pas ne finit jamais. La vérité pure et absolue n'est pas de ce monde; elle Recommence pas un jour pour finir le lendemain. Mais ce qui commence im jour et ce qui finit l'autre, ce sont les vérités mélangées et incomplètes, c est-à-dire les erreurs. L'une brille un jour et disparaît plus ou moins vite ; vient une autre qui a la même destinée, qui nous fait illusion au môme titre et s'évanouit à son tour. Ainsi successivement nouvelle vérité, et en même temps nouvelle erreur, afin que de vérités incomplètes en vérités incomplètes le cercle des vérités s'étende, les différents éléments de la pensée se manifestent et arrivent à leur entier développement.
Au premier coup d'oeil, qu'apercevez-vous dans l'histoire? Vous n'apercevez que des particularités : d'abord
LES GRANDES ÉPOQUES DE L'HISTOIRE. j^
lel peuple, puis id autre, telle époque, tel système
0 jurs et toujours des particularités. Rien l'Se
rte lement en ce monde que sous la condition de la par-