‹ Introduction à l'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 12 sur 18 · LES GRANDES ÉPOQUES DE* L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

LES GRANDES ÉPOQUES DE* L'HISTOIRE

. son rolc 01 elle fait place à une autre qui parcourt la môme carrière.^ Répugnez-vous à cette mobilité à ce perpétuel changement? sachez à quoi vous répugnezvous répugnez à la lumière, à la connaissance^ à la science. La science s'acquiert péniblement, à la sueur de notre front, au prix du travail perpétuel de l'humanile. La spontanéité est l'innocence, l'âge d'or de la pensée ; mais la vertu vaut mieux que l'innocence, et la w(u impose une lutte continuelle. L'histoire n'a point d âge d or ; elle commence au règne de fer, avec les différences et les contradictions du temps et du mouvement. Enfin, n'oubliez pas que si tous ces points de vue tous ces systèmes, excellents en eux-mêmes, mais incomplets, se détruisent les uns les autres, il y a quelque chose qui subsiste, qui les a précédés et qui leur survit: I humanité: L'humanité embrasse tout, profite de tout avance toujours et à travers tout. Et quand je dis l'hunmnité, je dis toutes les puissances qui la représentent dans l'histoire, l'industrie, l'Etat, la religion, l'art la philosophie. Par exemple, en fait de philosophie,' le y Platonisme a commencé et le PIfltonismc a fini C'est un malheur, si l'on veut; mais pour qui? Pour le Plafo. nisme et non pour l'humanité; car après Platon est venu Aristole, et l'humanité, sans perdre l'un, a acquis l'autre. Est-ce que Plalon est perdu pour l'humanité ? n'a-t-il pas imprimé ù son siècle un mouvement qui a laissé une trace lumineuse? n'a-t-il pas déposé dans l'histoire un élément immortel? Aristote et le Péripatélisme y ont déposé un autre élément ; et c'est d'éléments en éléments ajoutés les uns aux autres que s'est enrichi le

SIXIÈME LEÇO.N .

trésor de la raison humaine. L'histoire est un jeu où tout le monde perd successivement, excepté l'humanité, qui gagne à tout, à la défaite de l'un comme à la victoire de l'autre. Les révolutions ont beau se succéder, elle domine toutes les révolutions. Que font les différentes époques de l'humanité? elles mesurent sa durée, elles travaillent à la remplir, à donner de l'humanité une idée complète. Que font les différentes philosophies? Elles travaillent aussi à donner de la raison une représentation complète : donc chacune d'elles est bonne à sa place et dans son temps, et il est bien aussi que toutes se succèdent et se remplacent. De même dans l'histoire générale tout se succède, tout se développe, tout sert à l'accomplissement du but de l'histoire.

Quel est ce but? Quel est le but de l'humanité et de la vie? Nous contenterons-nous ici du lieu commun ordinaire de la perfectibilité indéfinie ? Mais qu'est-ce qu'une telle perfectibilité? On conçoit le perfectionnement d'un être, quand on a le type de la perfection de cet être. Alors, un but au perfectionnement est marqué, et ce perfectionnement peut avoir son plan et ses lois, son point de départ et. son progrès régulier. Mais où le but manque, qui peut mesurer la route? Qu'est-ce que le perfectionnement pour qui ne sait pas en quoi consiste la perfection ? Il faut absolument établir en quoi elle consiste, bu ne plus parler d'une perfectibilité sans but, sans mesure possible, c'est-àdii*e inintelligible. Voilà à quoi on se condamne, si par une perfectibilité indéfinie on entend une perfectibilité

Page 1