‹ Introduction a l'histoire de la philosophieChapitre 4 sur 17 · DU ROLE DE LA GÉOGRAPHIE. DANS L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

DU ROLE DE LA GÉOGRAPHIE. DANS L’HISTOIRE

Retour sur le système historique esquissé dans la dernière leçon. Méthode qui l’a donné. Beauté de l'histoire ainsi conçue; sa moralité; son caractère scientifique. — Injuste mépris des philosophes pour l’histoire. Réfutation de Malebranche. — Règle fondamentale de l’hisloire : rien d’insignifiant; tout a un sens, tout se rapporte à quelque idée. — Application de cette règle à la géographie physique. Tout lieu pris en grand représente une idée, une des trois idées auxquelles toutes les idées ont été ramenées. — Question générale du rapport des lieux à l’homme. — Des climats. Défense de l'opinion de Montesquieu. — Détermination des lieux et des climats qui conviennent aux trois grandes époques de l’histoire.

Dans la dernière leçon, nous avons énuméré et classé toutes les époques de l’histoire ; nous avons montré qu’il y avait trois époques, ni plus ni moins, dans l’histoire; que ces trois époques soutenaient l’une envers l’autre un rapport invariable de succession, et même que ce rapport de succession en couvrait un autre, celui de génération; en sorte que l’histoire entière de l’humanité se résout en un grand mouvement composé de trois moments qui non-seulement se succèdent, mais qui s’engendrent les uns les autres. Tel est le système de l’histoire; et ce système, nous ne l’avons point emprunté à des vues en l’air et à des

combinaisons chimériques', mais au principe même et à la seule mesure possible de l’histoire, à l’humanité On pourrait même à la rigueur ramener la méthode suivie à la. méthode d’observation et d’induction. En effet, vous l’avez vu, nous avons tout tiré de la conscience de l’humanité; et là aussi nous étions sur le terrain des faits; mais de quels faits? De faits qui, outre l’avantage d’être observables comme les faits extérieurs, ont encore celui d’être entourés d’une lumière immédiate et de porter leur autorité avec eux-mêmes. Tel est le point d’où nous sommes partis; et c’est ensuite à l’induction que nous avons eu recours. Vous le savez : dans les sciences physiques, l’induction repose sur la constance des lois de la nature 1 . Un fait bien observé, vous l’induisez, vous le transportez dans les temps à venir; vous prévoyez des faits identiques, vous affirmez que ce qui a lieu aujourd’hui aura lieu demain, que le soleil qui se lève aujourd’hui, demain encore luira sur le monde. Cette induction suppose que les lois de la nature sont constantes à elles-mêmes. De même ici 1 induction que nous avons faite de l’humanité à l’histoire est fondée sur une seule supposition, celle de la constance des lois de l’humanité. Si l’humaine nature, ainsi que la nature extérieure, est constante à elle-même, il doit y avoir dans son développement historique ce qui est dans son développement psy-, chologique : l’un est la mesure de l’autre. Or, dans la conscience il y a trois termes dans un certain ordre.

1 Sur le principe de la stabilité des lois de la nature, voyez Pairosopbiï écossaise, Reid, leçon vu.

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