DD ROLE DE LA GÉOGRAPHIE DANS L’HISTOIRE
Donc il né peut y avoir dans l’histoire que trois termes, dans le même ordre que celui que nous a donné la conscience. La conscience est la réalité la plus immédiate et la plus certaine pour nous; et quand nous la transportons dans l’histoire, nous ne faisons autre chose que suivre le principe de toute réalité partout où il noiis conduit.
Il y a plus : comme l’histoire a été rapportée à la nature humaine, de même celle-ci a été rapportée à la nature extérieure, au sein de laquelle elle fait son apparition. L’homme n’est pas l’effet, et la nature la cause, nous l’avons vu ; mais il y a entre la nature et l’hopime une harmonie manifeste de caractères généraux, de lois générales. Il y a plus encore : tout comme nous avions rapporté l'humanité à la nature, de même, nous avons dû rapporter cette nature extérieure et la nature humaine, avec leurs caractères et leurs lois générales, au principe commun de la nature et de l'homme; et dans ce principe nous avons retrouvé en germe, sous la forme de puissances substantielles et éternelles, tous les éléments qui plus tard, tombés dans le temps et dans l’espace, constitueront les forces et les lois de la nature, les forces et les lois de l’humanité. Donc l’histoire de notre espèce, l’histoire de cet être particulier, limité et borné, qu’on appelle l’homme, cette histoire se lie à ce vaste univers, et par ce vaste univers à l’Auteur de toutes choses.
Ainsi l'histoire n’est point une anomalie dans l’ordre géréral; voilà pourquoi elle est vérifiable à tous ses degrés par tous les degrés de l’existence universelle.
comme ces degrés, différents et semblables, sont vérifiables les uns par les autres. Doutez-vous des caractères essentiels de la Divinité? adressez-vous au monde et surtout à l’homme; car l’effet doit réfléchir plus ou moins la cause. D’autre part l’homme est le frère de la nature; il la porte tout entière avec lui, et les lois de la mécanique céleste, comme celles de la zoologie, se retrouvent en tous ses mouvements, en toutes ses fonctions. Éprouvez donc et contrôlez sans cesse tous ces degrés de l’ordre général les uns par les autres; cette vérification vous don nera constamment le môme résultat. Vous y verrez que l'histoire par cela seul qu elle exprime l’humanité, exprime l’existence universelle, et qu’elle en reproduit les mouvements successifs dans la succession de ses époques. L’histoire ainsi conçue est bien belle; elle est une poésie admirable, le drame ou l’épopée du genre humain.
Non-seulement l’histoire ainsi conçue est belle, mais alors, et seulement alors, elle a une haute moralité. En effet niez ou énervez le système de l’histoire, niez ou énervez ses lois et son plan, vous rompez ou vous relâchez le lien qui. rattache l’histoire à l'humanité et au monde et par là à Dieu. Dieu, considéré sans rapport avec le monde et l’humanité, est déjà sans doute, il est tout entier dans les profondeurs de son essence 1 ; mais ce n’èst pas encore le dieu du monde et de l’humanité, le dieu que les hommes adorent et bénissent sous le nom de Providence. A quelle condition y a-t-il Provi-'
* Rapprochez ce passage sur Dieu antérieur au monde et par conséquent différent du monde, d’un autre passage tout aussi net de la leç. v, p. 97.