Je reconnais en fait Texistence des espèces de
If
plantes et des espèces d'animaux décrites par les natura-listes, mais je n'ai aucun titre pour discuter si telles ^de ces espèces doivent être rejetées déflnitive- IÇiineQt; cependant à lîlon sens une étude approfondie en réduirait le nombre^ ne pouvant admettre que^ l'on soit fondé en raison à établir Texistence
16i RAPi>ORTS DE L\ CHIMIE
d'une esj)èce, d'après Texamen de quelques individus seulement, comme trop souvent on Fa fait: c est donc le désir de sortir de Tincertitude où je suis de savoir si telle plante ou tel ammal dont on parle doit être considéré comme une espèce nouvelle on comme se rattachant à une espèce déjà décrite, qui me porte à penser que les considérations suivantes pourront sug»g»érer aux naturalistes des études propres à y mettre un terme, en leur faisant partager ma conviction du secours qu'ils trouveront dans l'expérience s'ils veulent la consulter à l'instar des physiciens et des chimistes.
141. Il est indispensable de rappeler que je considère comme individus dune même espèce, ceux q\ù, otant issus des mémos parents ou de commune origine, sont capables de produire indéfiniment, dans les mêmes cib- CONSTANGES, des imUridus qui leur ressemblent.
Cotto défînilion est absolument conforme à la w^ t/iode A PosTERioHi expérimentale, parce qu'elle s'arrêta à ce qui est reconnu de tous :
1° La reproduction de la forme des parents dans leurs descendants;
2"" La similitude des cirronstanees. -|
En eflVt,
\ ° La similitude de la forme des parents dans leui^s
descendants est un fait incontestable pour les espèces actuellement vivantes.
2* La considération de \ influence des circonstances, sur laquelle j'insiste fortement, rend surtout ma définition conforme à la méthode, parce qu elle n'affirme ni ne repousse Topinion que les espèces actuelles descendent des espèces antédiluviennes.
Car évidemment cette opinion dans Tétat actuel de nos connaissances ne peut être professée, puisqu'elle ne repose sui^owcww fait précis et incontestable, et que, d'un autre côté, elle ne petit êtj^e rejetée corrntw absurde.
Que nous apprend l'expérience relativement à la fixité de ï espèce dans les circonstances du monde où nçus vivons? C'est qu'on ne peut citer un seul exemple d'une ^p'èce qui aurait été transformée en ^^ une autre. De là cette conclusion :
Dans \çs circonstances actuelles, /'essence de l'espèce est fixe ; mais il est entendu que cette fixité de 1'^^sence ne signifie pas que les individus d'une même espèce 'ne sont pas susceptibles de présenter entre eux des différences plus ou moins g'randes qui constituent dessous-espèces, des races, des sous-races ou de ^tés.
142. La prescription de tenir ce mpte de Y influence des circonstances avec le sens que j'allribue à cette ex-
pression, entraîne la conséquence d'exciter le naturaliste-philosophe à entreprendre des expériences propres à faire apprécier d'une manière précise Yinfluefice de circonstances parfaitement définies, telles que la température, la composition et la pression d'atmosphères de natures différentes et bien déterminées, les aliments, etc., etc., afin de pouvoir rattacher des modifications pareillement bien définies à ces mêmes circonstances.
Evidemment la question de savoir si les espèces actuelles descendent des espèces antédiluviennes ne peut être traitée avec quelque chance de succès dans le sens affîrmatif qu'autant que AeÉ individus d'une espèce vivante, placés dans des circonstances qu'on aurait lieu de croire analogues à celles du monde antédiluvien, prendraient des formes semblables à celles do quelques espèces antédiluviennes; il est entendu qu'il y aurait nécessité à suivre Tinfluence des mênios circonstances sur une suite de g'énérations.
145. Les expériences auxquelles on soumet les êtres vivants ne portent que sur des individus. L'expérimentateur doit avoir les connaissances propresàapprécier le deg*ré des modifications que ces individus auront pu subir, afin de jug^er si elles sont assez fortc^s pour constituer (les sous-espèoes ou seulement
des races, ou bien encore des sous-races an de simples variétés. Il doit surtout s'efforcer de déterminer les causes des modifications, et c'est surtout par la méthode A POSTERIORI expérimentale qu'il peut espérer d'y parvenir. La certitude sera acquise lorsqu'il /?rorf?^^a à volonté ces modifications dans des circonstances qu'il aura déterminées.