‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 105 sur 294 · FABRIQUE DE VASES DE TERRE ET DE VERRE DANS LA 2.*- BELGIQUE · texte numérisé non relu

FABRIQUE DE VASES DE TERRE ET DE VERRE DANS LA 2.*- BELGIQUE

Peut-on penser, après cela, que la province n'eût ni fabrique de poterie, ni manufacture de verrerie, que tous ces vases eussent été apportés de Nismes, parce

qu'on y découvre le même goût et le même genre d'ornement. Hais l'on convient qu'il y avait une fabrique de vases considérable à Paris; cette ville était bien plus à portée de la Belgique que ne l'était Niâmes. D'un autre côté la terre rouge dont on faisait les poteries dans la Belgique est plus foncée que celle de Nismes. Enfin, est-il plus surprenant qu'on ait fabriqué dans notre province d'aussi beaux vases qu'a Nismes, qu'étonnant qu'on ait travaillé en Angleterre et dans leHainaut, c'està-dire à Bavay, deux morceaux de mosaïque dont le goût exquis peut le disputer à la plus belle mosaïque exécutée au centre des beaux-arts (1). Nous n'assurerons rien par rapport aux verreries, quoique les Romains eussent des ouvriers en tous les genres dans chaque province, quoique la matière à faire le verre fût connut; déjà dans la nôtre, comme elle y est aujourd'hui , enfin quoiqu'il y eût pour lors des secours que nous n'avons plus , c'est-à-dire une très-grande quantité de bois. Nais pour les fabriques de poterie, nous ne faisons point difficulté d'avancer qu'il y en avait plusieurs dans la Belgique , et peut-être même plus d'une daus l'étendue de chaque cité.

On prétend que le terroir de Savignics, en Bcauvoisis, eut la préférence sur tous A savishie», in les autres lieux de la Picardie, à cause de la finesse de sa terre. bkaovoisis.

La manufacture des Ambiant est connue par la découverte (2) qui a été faite en * amiens. 1757 en labourant dans un champ nommé h Fief de Satonnières , situé à deux lieues d'Amiens, entre les villages de Renne ville et de Mol liens-au- Bois. Elle était ni» mime ville. sur la pente d'une colline qui descend jusqu'à la voie romaine d'Amiens à Arras. On y a trouvé plusieurs vases de terre cuite empreinte d'une couleur noire ; deux entr'autres ont été conservés pendant longtemps dans l'abbaye de Corbie. La plus grande a été envoyée à M. de Caylus : c'est une Amphora, vase dont les Romains se servaient pour mettre du vin, de l'huile ou d'autres liqueurs nécessaires à la vie. Comme ces sortes de vases étaient terminés en pointe , il fallait nécesssairement faire un trou dans la terre pour leur donner une assiette ferme et solide. M. de Caylus ne l'a pas fait entrer dans son recueil d'antiquités, parce qu'il en avait déjà fait graver une pareille (8), que nous donnons ici (n. "...), n'ayant point les proportions de celle du fief de Savonnières. Celle-ci a trois pieds de hauteur et onze pouces de diamètre. La seconde, d'une terre rougeâtre, a été donnée à M. Becquet, de Beauvais : hauteur vingt-cinq pouces, circonférence trente-cinq pouces ou environ; circonférence do pied douze pouces, le goulot en a treize. L'orifice de ce vase est rompu en partie , ainsi que les deux anses qui prenaient

(i) Bec. d'raliq., t. n, p. J», pl. ctio, p. «07, pl. (3) Caylo». Bec. d anbq.. 1. 1», p. 3«9.

ctiri. (3) IbxJ., t. it, pl. eu, o.« r.

à la naissance du rentre. La terre du champ en question est rougeâtre et propre à la poterie. On y trouve tous les jours des fragments de rases de différentes formes et couleurs. On a déterré au même endroit des rases entiers qui renfermaient des cendres. Tous ces indices font voir une fabrique existante autrefois pour les Belges romains de l'Amiéuois. Nous ne savons rien sur les manufactures des autres cantons, faute d'attention lorsqu'on y a fait des découvertes en ce genre. On ne saurait chercher, dit M. de Cayius (1), avec trop de soin dans les pays que les anciens ont habités, parce que les endroits les moins apparents peuvent satisfaire la curiosité des antiquaires. Ces lieux sont presque toujours indiqués par des fragments de briques et de tuiles romaines, c'est-à-dire sous douze assises de petites pierres carrées, dites Pastoureaux, comme dans les mura de la cité de Beauvais.

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