‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 107 sur 294 · SAINT RUFIN ET SAINT VALÈRE, PREMIERS PRÉDICATEURS DE L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

SAINT RUFIN ET SAINT VALÈRE, PREMIERS PRÉDICATEURS DE L'ÉVANGILE

DANS LE SOISSONNOIS.

Sous l'empire de Dèce, vers l'an 250, plusieurs évèques (4) partirent de Rome pour aller porter la foi dans les Gaules : ut à profana superstitione provinciam taneti martyres liberarent^ ab urbe Ronui profecti, Galliat petierunt. Saint Denis, l'un de ces évéques, avec quelques compagnons, prit le chemin de la Gaule septentrionale. 11 s'arrêta à Lutéce, ville capitale des Parisiens; de là, comme du centre de ses travaux apostoliques , il envoya Quentin prêcher l'Evangile aux A^mriénois, Lucien aux Bellovaces, Fuscien et Victoric aux Horins, Crépi n et Crépinien , Rufin et Valère aux Soissonnois : hac tempestate (5) insigne* viri...

(») Tacit.. nul., 1. 1. (*) Grtgor. Turaa.. Hi*L, I. •. c. 30.

{Sj Terlol.. «potofiet.. c 7. (S) Vuth. R»dt>.. «iprt, c«l., 1W3.

(S) Sinnood. oper. Paiclul. Radb., col.. i«W.

Quinlinus, Fictoricus et Fuscianus, Ru fin tu et Valerius) Crispinu* et Crispinianus, eu m cœterxs tucrum socUs Romanes urbis oriundi, Belyicœ secundœ populië ad hue tuperttilione detenlis» terba vitœ prœdioantes , les uns , en qualité de simples prêtres, les autres revêtus, peut-être, de quelqu'office ecclésiastique. Leur zèle pour la propagation de la foi les soutint au milieu des persécutions cruelles qu'ils eurent à essuyer sous les successeurs de Dèce jusqu'à Dioclétien et Maximien Hercule inclusivement. Alors Rictius Varus , préfet du Prétoire (1) vers l'an 286, informé des progrès que le christianisme faisait dans la seconde Belgique , s'avança vers Soissons. Il apprit en chemin faisant (2) qu'il y avait dans un lieu nommé aujourd'hui Basoche, sur les confins de la cité des Soissounois , deux prédicateurs de la nouvelle religion, savoir, Ruhn etValère : egressus igitur ab urbe Prœfeclus, Remense (ce mot est transposé, peut-être, il faudrait lire urbe Rementi) , ad palatium regium quod fuerat tuper fluvium Vuidolœ situm, divertit. In quo loco Sancti viri Rufinus et Valerius plebem credotdium non modicam doctrina inttituebant. On prétend qu'ils étaient chargés de l'intendance des greniers publics : leurs actes n'en disent rien. Mais un MS. de saint Michel de Beauvais, cité par M. de Tillemont (S), en fait mention. Ils avaient déjà fait un grand nombre de conversions (4) lorsque le Préfet les découvrit dans une caverne où ils s'étaient cachés. Il leur fit des menaces , ensuite des promesses. Voyant qu'ils étaient inébranlables dans leur croyance, il ordonna (5) qu'on les éteudît sur un chevalet et qu'on les déchirât à coups de fouet plombé. Cela fait, il reprit le chemin de Soissons, et après' les avoir fait conduire jusqu'à près de trois lieues , il leur fit trancher la tète entre la voie romaine et la rivière de Vcsles, le 14 de juin 287 : ducti tunl autem ab eo looo quasi septem milium quingentorum passuum spatio, quo cum perventum est , juxta pervium publicum super ripam fluminis Vuindolœ capite cœsi sunt (6).

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