SAINT QUENTIN DANS L'AMIÉNOIS, LE BEAUV01S1S ET LE VERMANDOIS
Rictius- Varus se hâta d'aller ensuite, non à la capitale des Vermandois, appelée alors Auguste , mais à Amiens, afin de mettre fin au plutôt au succès des prédications de Quentin : si quidem (7) libellus patsionis Sanotorum Ru fini atque Valerii continet, in eâ civitato venerabilem diebus Hlis fuisse Quintinum. Ipsius
(1) Tillemont. Uul. ectlé*., t, iv, p. 4M. (5) ftid., col. 1707-
(*) P««b. R«n>., Mprè, eol. jew. (6) Iwd TO, ,„0 (S) Dbl. ectlét., I, it, p. 4S&
(4) Puch. Rtdb. , eol. 16«7. P' ' tm'
autem kittoria passioni* insinuât Ambiants civitate primo à Bictiovaro prafecto conventum, et variit ponts excruciotum,... ad Augustam Viromendorum ferra manu* colloque vinotum destinant. Le saint avait été député avec Lucien pour aller annoncer la foi dans la partie occidentale de notre province. Arrivé» à Amiens, Lucien porta la parole de Dieu chez les Bcllovaces, Quentin demeura avec les Amiénois: cum igitur inier Gai l tas t dit le plus ancien MS. des actes de saint Quentin (1), Ambianensium civitatem pervenissent , loca in quibus habitarent elegerunt; sanotus Quintinu* martyr Ambiant* resedit ; beatu* rerù Lucianu* Belracum expetivit. Tous deux autorisaient leurs prédications par des miracles éclatants. Le Préfet fit arrêter Quentin . il employa les promesses , le» menaces et les tourments pour lui faire abjurer la vraie religion ; mais il comprit bientôt que tous ces moyens étaient inutiles. H le fit enfermer dans un cachot obscur; Quentin en sortit par miracle pendant la nuit et vint prêcher sur la place publique (2). Son discours, animé par le secours divin qu'il Tenait de recevoir, convertit six cents personnes: crediderunt in eum sexcenti rtr», ou environ, scion le second exemplaire de ses actes (3) : magna pars populi... fermé ad sexcentos usque crediderunt. Il ajoute que ses gardes mêmes furent convertis et firent profession publique de la foi en présence de Rictius-Varus. Le Préfet irrité mit en usage la torture , le fouet, l'huile, la poix et la graisse bouillante, les torches ardentes. Il lui fit mettre dans la bouche de la chaux, du vinaigre, de la moutarde; rien ne put l'cmpècher de confesser Jésus-Christ. Rictiovarus cependant voulut voir si le temps ne pourrait rien gagner sur le martyr. Il prit la résolution de le faire conduire à Rome, chargé de chaînes. Il ordonna donc à ses satellites de prendre le chemin du Vermandois et de l'attendre dans la capitale : cumque pervenisset in quoddam municipium quod Augusta Veromandorum nuncupatur, in eodem loco justerat eum expectore (4). Le persécuteur y arriva le lendemain. 11 mit à de nouvelles épreuves la constance du martyr, d'abord par de belles promesses, ensuite par les tourments les plus horribles. Il le fit percer depuis le col jusqu'aux cuisses de deux broches de fer, puis ficher de grands clous entre les ongles et la chair et en d'autres parties du corps. Mous observerons en passant qu'on a découvert du temps de Dom Harlot (5), près l'église de Saint-Sixte de Reims et dans le jardin de l'abbaye de Saint-Nicaise , plusieurs cadavres percés de clous à la tête et au bras : d'où l'on présume que ce sont des victimes de la fureur de Rictiovarus, qui employait communément ce genre de supplice. Saint Quentin finit
(I) Cod. 118. Kbl. B*g. d.- SIS*, fol. If», rec. (4) Cod. MM. loprà.
(t) Ibid., fol. 131 . , s) Hii, M<lropol. RfB1 ,, , , p. 75. $4.
'3) Cod.MS.ejusd. B.bl.. n." SS7S.
son martyr par perdre la tète. Il fut exécuté le 31 d'octobre 287. Le Préfet fit jeter secrètement la téte et le corps dans la rivière de Somme , arec une masse de plomb , afin que le corps demeurât au fond de l'eau: et seoretè justit in fluvium iubplumbare corpus.