‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 112 sur 294 · DE CETTE VILLE · texte numérisé non relu

DE CETTE VILLE

Après la mort sanglante des saints Crépin et Crépinien (4), saint Sixte et saint Sinice vinrent dans le Soissonnois pour y continuer la guerre à l'idolâtrie. Le premier était évèque, le second était simple prêtre. L'un et l'autre avaient été fort mal reçus à Reims. A Soissons, ils furent accueillis avec bien de la joie (5), surtout par ceux que saint Crépin et saint Crépinien avaient gagnés à Jésus-Christ : quia nonnullot eorum quo* martyres Chritti ad fidem imbuerant oatholicam ibidem viventet repérer unt , gratonter et liberalitnmè surit suscepli ab et». Il y a tout lieu de croire que Constance Chlore, qu'Eusèbe (6) nous dépeint comme un prince d'un naturel très doux, plein de clémence pour ses sujets et de bienveillance pour la religion chrétienne , était maître absolu pour lors d'une partie

(l) Dtira, nul. d'Arnicas, 1. 1, p. 503.

(1) Boll., Ml. SS., (1 Janoar., p. 700, n.- 1t.

(JJ Tertnl. in Àpolog.

*) Bolldnd., sup.. 1 wpKiDb., p. Ui. n.M I, ï H 3. (3) Ibid.. n.* 6.

(«) Eaicb., de rtu Coati. 1. 1, p. 413.

de l'Empire. L'éclat de leurs vertus (1) augmenta considérablement le nombre des fidèles. Le brait des merveilles qu'ils opéraient prépara les Rémois à recevoir la doctrine évangélique avec plus de docilité qu'ils n'en avaient fait paraître à leur passage par Reims. Sixte ne manqua pas de profiter de .leurs heureuses dispositions. II retourna à Reims. Ses prédications leur firent ouvrir les jeux à la lumière de l'Evangile. Le succès de ses travaux le porta à se fixer dans cette ville. En conséquence il sacra évéque saint Sinice , sou compagnon, pour gouverner l'église de Soissons : beatum vero Sinicium ut Suessionensi prasesset ecolesiœ coruecravit episcopum. Alors on commença à détruire les temples (2) pour bâtir à leur place des églises, et le nombre des païens alla toujours en diminuant. Saint Sixte mourut en paix le 1.*' de septembre dans les premières années du iv.a siècle ; car il nous semble que Constantin (S) avait alors permis aux chrétiens de rendre à leur Dieu le culte tel qu'il se pratiquait dans la religion chrétienne : suscepto Imperio , ConstanUnus Augustus nihil sait priûs, quàm Christiania oultui ae Dec tue redderet. Saint Sinice fut chargé de la conduite des deux églises; mais après la mort de ce dernier, qui arriva aussi à Reims (4), chacune de ces églises eut son évèquc particulier; et peu de temps après le Concile de Cologne de l'an 346, Reims, si l'on en croit le père Pagi (5), eut le titre d'église métropole. Ce fut donc du vivant des saints Sixte et Sinice que le paganisme commença à être attaqué à force ouverte, que la ville capitale de chacune de nos cités eut une église composée d'un évèque , quoiqu'il soit trèsdifficile, à cause de la rareté des monuments de ces temps reculés, d'en former une succession non interrompue ; composée d'un clergé et d'un peuple nombreux de fidèles; que les églises de la Picardie, enfin, prirent une forme constante et durable.

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