‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 120 sur 294 · ET A MANGER · texte numérisé non relu

ET A MANGER

Les païens avaient coutume de mettre sur le tombeau à boire et à manger, dans l'opinion superstitieuse où ils étaient que les morts avaient besoin de ces •secours, coutume aussi ridicule qu'elle est ancienne; car l'Ecclésiastique (3) compare les bonnes choses cachées dans une bouche fermée, à un grand festin placé autour d'un sépulcre: bona abscondita in ore clauso, quasi appositiohes epularum circumpositœ sepulcro. Le christianisme a admis cette coutume , il est vrai , mais par un principe bien différent. C'était pour marquer la communion des vivants avec les morts par les bonnes œuvres de ceux-là. Tobic (4) avait-il d'autre vue, lorsqu'il ordonne à son fils de placer du pain et du vin sur la sépulture des justes : panem tuum et vinum tuum super sepulturam justi constitue. On pré-

(I) Hul. do Val., t. a, p. 516-SIT. (3) Ecclwwrt.. cap. S», f t8.

(S) Antiq. MS. de ïaM>. de Su-Lucien. I. », p. 149. (*) Tob., cap. 4. j 18.

tend (1) que le pain et le vin qu'on porte à l'autel aux messes des morts pendant l'offertoire est un reste de cet ancien usage dans la province ecclésiastique de Reims. De là aussi ces banquets de charité que les premiers chrétiens taisaient au décès de ceux qui étaient morts dans la crainte du Seigneur, et auxquels les pauvres et les serviteurs de Dieu étaient invités. De là enfin ces pasts fondes dans toutes les églises de notre province pour célébrer l'anniversaire de ceux qui mouraient.

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