‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 122 sur 294 · LES PASTS DU JOUR NATAL D'UN SAINT , TOLÉRÉS PAR L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LES PASTS DU JOUR NATAL D'UN SAINT , TOLÉRÉS PAR L'ÉGLISE

Le past qui se faisait le jour natal d'un saint, comme celui que le comte Eric fonda en 877 dans l'église de Saint-Crépin-le-Grand , de Soissons , le jour de la fête de saint Crépi u et saint Crépi uien (7) ; les pasts que l'évéque de Beauvais et son chapitre étaient dans l'usage de temps immémorial, d'aller prendre dans l'abbaye de Saint-Lucien quatre fois Vannée, savoir , aux deux fêtes de saint Lucien , le lendemain de Pâques et la veille de Noè'l ; le past qui se doonait le jour de la dédicace d'une église , ces pasts paraissent avoir eu une origine différente. Le païen , dit Peloutier (8), regardant la divinité comme appaisée par le sacrifice qu'il venait de lui offrir, exprimait sa satisfaction et sa reconnaissance

(1) Tobie, snprà.

(S) Louvel. Hltl do Beiuv., 1. 1, p. 3ul. {») Pr«o». part. %, n.- ....

(4) Lravel, Miprà, p. m.

(5) Spirii. Acber. t. ti, p. N7. Chroo. Andr.

(6) Alignais, roofe»., lib. n, ch. t. Epiit. eja«l. M.

(7) Preuve, part. I, psg....

(S) HiM.deiCelU,t.Tin, p. M

en mangeant arec te* parent* et te* ami* , dan* quelque endroit du temple , cette partie de* victime* qui lui était rendue par le* lacrifioateur*. L'église toléra cet usage pour détourner insensiblement les païens de leurs usages superstitieux. Nous en trouvons la preuve dans la lettre que saint Grégoire-lc-Grand écrivit à l'abbé Millet avant son départ pour l'Angleterre. Il lui dit de substituer quelques cérémonies religieuses aux festins solennels que les Anglais païens faisaient à leurs divinités , les jours de la dédicace et les fêtes des SS. Martyrs ; de dresser autour des églises qui avaient pris la place des temples du paganisme, des cabanes de branebes d'arbres, pour y célébrer la solennité par des repas religieux, afin que les nouveaux convertis consacrant à Dieu ce qu'ils avaient coutume d'immoler au démon, et en leur laissant le plaisir de s'en repaître, comme d'un bienfait de l'auteur de tous dons , cette petite satisfaction extérieure servit a les amener plus facilement à la joie intérieure : ut die dedicationi* tel natalitii* tanctorum Martyrum, quorum illic reliquiœ ponuntur, tabemaoula *ibi circa eatdem Eccletiat quœ ex fani* commutatœtunt, de r ami* arborum faciant, et religiosi* convint* *olemnitatem célèbrent. Neo diabolo jam animalia immolent, *ed ad laudem Dei in e*um tuum animalia occidant, et donatori omnium de tatietale *ud grattas referont: ut dum ei* aliqua exteriiU gaudia reiervantur, ad interiora gaudia cmtentire facilià* valeant (I). Telle fut l'institution des repas que l'on faisait en commun les jours des patrons, ce qui a donné lieu au proverbe : de quel taint? Les désordres qui s'en sont suivis ont porté les princes et les évêques à les défendre. C'est ce qui fit abolir à Clermont, en Bcauvoisis (2), au mois d'août 1347, le past qui se donnait aux prêtres et aux clercs le jour de la fète de saint Arnould. On dit qu'il s'y commettait des excès affreux.

Page 1