‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 130 sur 294 · DE LA PICARDIE · texte numérisé non relu

DE LA PICARDIE

Vers le même temps (3), c'est-à-dire en 429, saint Germain d'Auxerre, que l'on pourrait nommer le second apôtre des Gaules après saint Martin, à cause du grand nombre de conversions que Dieu opéra par son ministère, fut envoyé dans la Grande-Bretagne par les évéques des Gaules avec saint Loup de Troyes, pour combattre l'hérésie que Pelage et Célestius y avaient portée. Ils traversèrent le pays des Bellovaces , des Amiénois* et des Morins jusqu'à Boulogne où ils s'embarquèrent (4). Seize ou dix-sept ans après, c'est-à-dire en 446 ou 447 , informé que la même hérésie faisait de nouveaux progrès dans ce royaume, Germain y retourna avec Sévère, évèque de Trêves. Le prêtre Constance qui a écrit les actes

(I) DotUnd.. ici. S».. 13 iMii, p. 104, o.- i. (3) Ibid.. prima Julii, p. «13. n." i3.

(t) Ibid.. d«* 3. (i) lbid.. p. SI*, n.» 3S.

du saint peu de temps après sa mort nous apprend (1) que partout où il passait , les cités, les bourgs, les villages accouraient en foule par respect pour lui, plantaient des croix (2) ou dressaient des chapelles sur les chemins où il s'était arrêté, soit pour prêcher, soit pour prier. Il est à présumer par le grand nombre d'églises dédiées dans la Picardie à saint Germain qu'on l'y regardait comme un autre saint Martin.

SAINT GERMAIN, ÉVÊQUE RÉGIONNAIRE , PRÊCHE LA FOI SUR LES CONFINS DU DIOCÈSE D'AMIENS ET DE ROUEN.

Quelques années après, un évèque régionnairc du même nom (S), qui avait été baptisé en Angleterre par saint Germain d'Auxerre , après avoir prêché lEvangile dans les diocèses de Bayeux et de Rouen , vint eierccr son zèle apostolique contre le paganisme qui régnait sur les confins du diocèse d'Amiens (4). Tandis qu'il prêchait entre Aumale et Senarpont, il fut rencontré par un certain Ilubolt, grand fauteur de la religion que Germain attaquait, près d'une église dédiée à la Vierge , sur le bord de la rivière d'Eu , aujourd'hui la Bresle. Il était au milieu d'une foule de peuple qu'il instruisait: populisque affluenlibut undique... insistebat verbo divinœ doctrine, vallatu* populi multitudine. La fureur s'empare d'Hubolt, il se jette sur le saint et lui abat la tète vers l'an 480. Le seigneur de Senarpont (5) fit inhumer son corps et ensuite bâtir une église autour de laquelle s'est formé un village qui a conservé jusqu'aujourd'hui le nom de Saint- Germainsur-Bresle. La ville d'Amiens a érigé à la mémoire du saint martyr un monument semblable qui est desservi par des chanoines réguliers de Prcmontré.

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