ZÈLE DE FAUSTIN , SUCCESSEUR DE SAINT MÉDARD
On donne pour successeur à saint Médard un nommé Faustin (4) , qui semble n'avoir pas eu moins de zèle que lui contre les pratiques superstitieuses. Son sermon sur les Calendes de janvier (5), que quelques uns ont attribué à saint Augustin, en est une preuve. 11 y reprend vivement ceux qui , dans les premiers jours de janvier , se transformaient en bêtes, soit en prenant des têtes d'animaux, soit en se couvrant de leurs peaux : alii vestiuntur pellibut peoudum , alii attu-
(I) Spkil. Aeher.. t. vuj, p. 39». (») Coiot., A nul. fnoç., L i, p. Ni.
(S) Boll.. «et. SS., SJuq., p. 80, d.* 16. (S) Boll., ML, SS. I Janoar.. p. S, col. S, n.° S.
(S) lbld.. a." 18 et 19, «i p. 91, n.* 30.
munt capita bestiarum ; les hommes qui ne rougissaient pas de se déguiser en femmes , non erubescentet interere tunici* muliebribut militant lacerlot (]). Il donne à entendre que ces abominations avaient été bannies heureusement de sa capitale : et quia Deut placatut vobis intpirare dignatus est , ut pro amore fidei ista miserabilis oontuetudo de hoc civitate ad integrum tôlier etur (2). Hais il restait quelques superstitions telles que de ne point donner de feu, ni quoique ce soit le jour des Calendes de janvier , de recevoir et de donner des étrennes, d'avoir toute la nuit des tables chargées de mets dans la persuasion que les Calendes de janvier pourraient contribuer à entretenir l'abondance pendant toute l'année. Cet usage était observé particulièrement dans les campagnes : sunt enim qui in Kalendis Januarii» ita auguria observant, ut focum de domo sud tel aliud quodeumqur bénéficiant cuioumque pelenti non tribuant. Diabolicas ctmm ttrenas et abaliit accipiunt, etipsi aliit offerunt. Aliqui etiam rustici mentulas tua* in ittà nocte, quœ prœteriit, plenat multit rebut, quas ad manduoandum tunt neotttariœ componentet , totd nocte tio oompositas esse volunt, credentet quod hoc illit K al endos Januariœ prœttare pot tunt, ut per totum annum convivia illorum *n tali abundantià persévèrent (3). C'est ces folies qu'il a particulièrement en vue dans son sermon. Il y est faii mention du jeûne que l'église avait substitué aux débauches de ces jours de libertinage.