‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 156 sur 294 · DIVINATION OU ÉPREUVE PAR LE FER ROUGE · texte numérisé non relu

DIVINATION OU ÉPREUVE PAR LE FER ROUGE

Agobart, archevêque de Lyon, a fait un traité contre la superstitieuse opinion de ceux qui croyaient que Dieu manifestait la vérité, non-seulement par des combats cruels, mais aussi par les épreuves du feu et de l'eau, non oportet mentent fidelem suspicari quod omnipotent Dent occulta hominum in prœtenti vitâ per aquam calidam aut ferrum revclare pot si t. Quanto minut per crudelia certamina (2). Rien déplut commun, dit un auteur, depuis le vi.* siècle jusqu'au xm.'t que de voir prouver un fait et tejutti/ier d'un crime par l'épreuve du feu; d'où ett venue cette manière attez usitée : j'en mettrait la main au feu (3). Il est surprenant que Charlemagne ait autorise cette épreuve. Elle se trouve dans les additions faites en 803 par ce prince à la loi salique : ti quelqu'un, ditil, tue un de tes proches et le nie , qu'il soit examiné par le jugement de Dieu, c'est-à-dire qu'il touche neuf contres ou barres de fer rouge : adnocem vomeretignitos judioio Dei examinandut accédât (4). Nous doutons que l'ouvrage d' Agobart ait fait changer cet article, car Uincmar, archevêque de Reims, travailla en même temps à faire voir que l'épreuve du feu était fondée sur plusieurs passages de l'Ecriture (5). C'est pourquoi elle persévérait au diocèse de Térouanne vers le milieu du xi.° siècle, c'est-à-dire entre 1030 et 1038 (6). Elle était encore en usage dans le diocèse de Noyon à la fin du xtv.* siècle, comme il paraît par te pontifical de cette église (7). On y voit que la cérémonie se faisait sous le porche de l'église, que le prêtre commençait par une courte exhortation au peuple, qu'il interdisait au coupable l'entrée de l'église, qu'il bénissait le lieu où le fer devait être chauffé, qu'après avoir célébré une messe propre et avant que de mettre au feu, il le bénissait; et de nouveau lorsqu'il était rougi, que le coupable était exorcisé et prononçait des imprécations contre lui-même, que l'épreuve faite, on lui enveloppait la main et on la cachetait de cire bénite, qu'on lui faisait boire de l'eau qui avait été bénite, qu'enfin on en mêlait, ainsi que du sel , dans son boire et dans son manger jusqu'à ce que la vérification de l'é-

(1) Mém. de Trévoat. *upr., p. 10*3.

(S) Agob. oper.. 1. 1, p. 116.

(S) Trait, de* supenu inc. et moi., 1 t, p. m. col. <,«diL tTSS.

(4) IUIui. capital., (. i. p. 3S». art. 5.

(5) Uinc, de dirorc. Lotbar. et Teiberg., p. «03

(6) Prenv.. part. H,n.*...

(7) Marten., de aoliq. ecciet. rit, t. n, c. 903 el seqq.

preuve eût été faite. L'oraison pour la bénédiction du fer rouge se trouve à peu près la même dans le pontifical manuscrit de Jean de Dorman, eveque de Bcauvais, que dans celui de Noyon.

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