DES RELIQUES
L'épreuve du feu était employée aussi dans la Picardie pour constater l'authenticité des reliques. La formule s'en trouvait dans deux manuscrits de l'abbaye de Saint-Remj de Reims, de plus de cinq cents ans, que le feu a consumes le 15 janvier 1774 (I). Un bras de saint Arnould, martyr, ayant été apporté à Clermont , en Bcauvoisis, par un inconnu, les habitants voulant s'assurer s'il en était véritablement, le jetèrent dans le feu. La relique , dit Guibert, sauta soudainement du brasier : brachium Beati Arnulphi mnrtyris in oppido unde ernm oriundu* habebatur , quod à quodam loci» illis illatum cum oppidanos reddidisset ambiguos, ad probationem ignibus est injectum; sed ex inde saltu subito est ereptum (2). Au x.' siècle, le corps de sainte Rotrudc, sur la vérité duquel un certain Bochard avait fait naître quelques soupçons, passa par le même examen et arec le même succès, à Andréa, au comté de Guines (3). La vérification s'en fit en présence du comte et d'une multitude de personnes de tout état qui avaient été invitées à la cérémonie : religiosum comitem ad hoc induxit (abbas And remis), ut per ignis judicium sanctum famulcv Dei corpus examinaretur. Et die statuio ad hoc specUiculum totius populi unitersitas per ediclum publicum convocare-
tur Sed quidquid livor Knstilis beali Rotrudi prœcogitavit ad contumeliam ,
totum ei cessit ad gloriam. Ce fait est tiré de la chronique d'Andrcs. Le concile de Sarragosse , en Espagne , de l'an 592 (4) , avait ordonné que toutes les reliques qui viendraient des lieux infectés par 1 hérésie des Ariens, subissent la même épreuve.