‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 193 sur 294 · MOYENS SUPERSTITIEUX EMPLOYÉS CONTRE L'ORAGE · texte numérisé non relu

MOYENS SUPERSTITIEUX EMPLOYÉS CONTRE L'ORAGE

Un autre usage superstitieux dans nos églises et sur lequel on n'est pas encore revenu parfaitement, est de sonner toutes les cloches à l'approche de l'orage. On était persuadé que les démons excitaient les tempêtes et que le son des cloches bénites les épouvantait au point de les mettre en fuite. La superstition empêchait peut-être de reconnaître alors l'effet que pouvait produire le son des cloches sur l'orage. Aussi cette raison physique ne paraît-elle que comme subsidiaire dans le récit de Bélotte : adtlimut hit omnibus puhandat et te campanat omnes , cum procella imminet ad tempetlatem videlicet repellendam, ut dœmonet qui, Dec permittente, multoties eat excitant, iptarum tonitu, dum fidèles ad precet oonfugiunt, terreantur. Abhorrent enim dœmonet tonitum campanarum, quœ tunt multipliai benediotione tacratœ; atque etiam, ut per earum tonum aer condemut ooncutiatur, ac terenus reddatur (2). On voit quelque chose d'apeu-près semblable dans les statuts de l'abbaye de Corbie du xn.' siècle (3). On attachait à un pieu fiché au milieu du pré ou du cloître, une croix que l'on tournait du côté de l'orage. Si les œufs d'autruche étaient suspendus dans les églises , par un objet de superstition , les Picards n'en étaient pas plus exempts que ceux dont il est parlé dans le journal historique du mois de mai 1740 (4). Nous en avons vu plusieurs dans l'abbaye de Saint-Corneille de Corapiègne, qui avaient été transférés du Trésor dans la bibliothèque, et dans quelques autres églises de la province.

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