‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 33 sur 294 · GOUVERNEMENT DES CITÉS, PARTIE MONARCHIQUE , PARTIE ARISTOCRATIQUE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DES CITÉS, PARTIE MONARCHIQUE , PARTIE ARISTOCRATIQUE

Le gouvernement particulier de chaque cité était mixte : on y reconnaît quelque chose de monarchique dans l'élection du chef pour la guerre , soit qu'il eût le titre de roi , comme Divitiac et Galba , soit qu'il eût celui de général comme Corré chez les Bellovaces. Le choix tombait ordinairement sur un des plus puissants de la cité, par les factions qu'il avait eu l'habileté d'y entretenir, même jusque dans l'intérieur des familles. Ces factions étaient pour balancer l'autorité et la puissance des grands , et empêcher que le peuple ne fût opprimé , car le chef d'une faction ne souffrait pas que ses cliens fussent maltraités : c'est pourquoi les Eduens , chefs de la grande faction des Gaules , intercèdent auprès de César pour les Bellovaces , leurs fidèles , lorsque leur ville lui fut rendue : Bellovaca* omni tempore in fide atque amicitià civiUiti* Mducr fuisse (2). C'est pourquoi les Soissonnois , menacés par les Bellovaces d'une invasion prochaine des Remois dont ils étaient devenus cliens depuis la conquête de la Belgique , n'ont rien de plus pressé que d'en donner avis au général romain , pour avoir des secours (8). Réciproquement les cliens auraient passé pour des lâches , des perfides , s'ils eussent abandonné, même à la dernière extrémité, ceux à qui ils s'étaient dévoués (4). Aussi les Rémois se font-ils battre par les Bellovaces , pour les Romains dont ils avaient épousé les intérêts préférablement à ceux de la nation (5).

L'aristocratie paraît dans le sénat , composé des principaux de chaque cité et dépositaire de l'autorité publique (6). Ces principaux étaient les Druides, qui sont représentés aujourd'hui par l'état du clergé et les nobles, qui répondent au corps

de la noblesse : Qui aliquo tunt numéro atque honore , gênera trunl duo alte-

rum est Druidum , alterum equitum. La troisième classe d'habitants sans être absolument esclave, plèbe pene servorum habetur loco, ne pouvait rien par ellemême et n'était admise à aucun conseil , per te nihil audet et nulli adhibetur oontilio. Aussi lorsque les députés des Bellovaces veulent rejeter sur le peuple l'odieux de leur révolte, disant que la populace, sous le gouvernement de Corré.

(I) Ibid. , i. s.c i.

(1) Ibid., I. l,c. 4.

(S) ttld.,1. 8, cl.

(4) Ibid. , I. 7 , t. 8.

(5) Hirt. corn, de Bell. Gatl., I. 8, c. ». (•) Cw.r.l.e.c.4.

avait plus influé dans le conseil que le sénat : Numquam enim senatum tantùm in civitate, illo vivo, quantum imperitam plebem potuisse (1). César leur répond qu'ils ne lui persuaderaient jamais que la classe la plus faible des habitants eût pu faire naître et soutenir la guerre , sans le secours des principaux et du sénat de la cité : Neminem vero tant dm poil ère , ut invitit principibu» , resistente senatu infirma manu plein* bellum conduire et gerere postet.

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