‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 39 sur 294 · LES ROMAINS TRAVAILLENT A LA SÛRETÉ DE LA CAPITALE DE CHAQUE CITE · texte numérisé non relu

LES ROMAINS TRAVAILLENT A LA SÛRETÉ DE LA CAPITALE DE CHAQUE CITE

En Belgique, en paix sous les ailes de l'aigle romaine, on avait travaillé à réparer les villes détruites ou bien on les avait rebâties dans des lieux plus commodes. Les unes conservèrent leur ancien nom, les autres le changèrent, Reget *o£?i«, dit Suétone dans la vie d'Auguste, amici atque et singuli in suo quùque regno, Casareas urlm condiderant (2j. La capitale des Amiénois, qui s'était rendue à César sans coup férir, conserva son nom de Samarobriva. Bratuspantium , capitale des Bellotaces, toujours rebelle, ayant été détruite, on fit construire une nouvelle ville qui prit le nom de Ccemromagus. La capitale du Soissonnois était placée sur une montagne, à en juger par l'étymologic du mot Noviodunum : cette position était Favorable relativement au génie des Gaulois , mais très-incommode aux Romains; ceux-ci préféraient les plaines et le voisinage des rivières pour bien des raisons. Ils firent jeter sur les bords de la rivière d'Aisne les fondements de celle qui a été appelée Augutta, du nom de l'empereur; il en arriva de môme de la capitale du Vermandois appelée Augutta. On retrouve cet ancien nom dans un quartier de la ville de Saint-Quentin, dit le détroit d'Aoutt, dittrictus Augutla:. L'érection de la cite des Silvanectes est attribuée au même empereur ; aussi leur capitale fut-elle nommée Auguslomagut. Nous connaissons dans la province de Picardie deux autres lieux qui pouvaient être alors des villes du second ordre , dénommés de même Augutta : l'un et l'autre sont situés dans l'étendue de l'ancienne cité d'Amiens, c'est Aoust, village sur la rive droite de la Bresle, et un lieu situé sur les bords de l'Authic dans les environs de Labroie. Celui-ci est nommé Au» te dans deux dénombrements fournis à l'abbaye de Saint- Riquier, l'un en 1387, du fief d'Estrée en Ponthieu, l'autre du 12 mai 1375, du fief de Scronville situé au terroir dudit Estrée.

DISTINCTION ENTRE Cl VIT AS ET OPPIDUM.

Ce fut alors qu'on commença à distinguer aussi la capitale des cités du cheflieu de chaque canton, car César a donné indifféremment le nom d'Oppidum,

(t) De* MdeU, Mem. de ItUér. , t. n , p. 107 et wiv. (i) Suel., io A»g., e. 6.

et à Bibrax (l) qui n'était certainement pas la ville principale des Rémois, et à Noviodunum (2) et à Bratuspantium , qui ont passé toujours pour les premières des Bcllovaces et des Soissonnois. Comment ce changement a-t-il pu arriver ? Quand le sénat, qui représentait le peuple de la cité, fut fixé dans ces villes (3), qui dès lors joignirent au nom qu'elles portaient déjà celui qui appartenait au peuple entier : ainsi Amiens fut appelé Samarobrira-Ambianorum ; Beauvais, Cœsaromagus-Bellovacorum ; Térouanne, Tertanna-Morinorum ; Soissons, Augusta-Suessionum ; la capitale des Vermandois, Augusta-Veromanduorum. Cet usage , plus rare dans les premiers temps que la Belgique fut conquise par les Romains , devint presque général dans le iv.' siècle (4). Sur le déclin de l'empire ces prénoms disparaissent : Soissons et Amiens ne portaient plus que le nom de leur peuple du temps d'Ammien Marcellin, qui servit plusieurs années sous les fils de Constantin. Dans la Notice des Cités, dont nous avons fait mention , on voit ausssi que le nom des peuples était précédé du mot civitas : on lit même sur des médailles romaines du temps Ambiant tout seul , pour marquer qu'elles avaient été frappées à Amiens. Cet usage a prévalu dans la suite. L'ancien nom néanmoins est resté affecté dans plusieurs villes capitales à certains quartiers qui, originairement, comprenaient dans leur enceinte les an* oietmes petites villes autour desquelles plusieurs de nos grandes villes se sont formées peu à peu (5).

xun.

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