HABITATIONS DES BELGES. — CE QU'ETAIENT LEURS OPPIDES
Les premières habitations des Belges furent comme celles de tous les peuples du monde , des tentes d'abord , ensuite des cabanes bâties au milieu des forêts ou sur les bords des rivières pour éviter la chaleur : ut sunt ferè domicilia Gallorum, qui vitandi œstûs causa plerumque syharum. ac fluminum petunt propinquitates (6). Ces espèces de maisons , du temps de Diodorc de Sicile et de Strabon, étaient de forme ronde, rotundà figura testitudinum instar (7), construites de palis et de claies , surmontées d'un toit fort élevé , couvert ou de paille, suivant César : caste stramentis erant tectœ (8), ou de joncs, multiplie*
(!) Li». 1 1 , de Bell. Gall. , c. i. (5) Toro. i . p. 4ti.
(i) ttid. , c. 4. (6) C»*r, lupr. , 1. 6 , c. 6.
(S) Mera. de IHIer. , loin. «* , p. 495. (1) SlMbon , I. 4.
(4) Ibid. , p. 496. (8) César, «upr. , I. 5 , e. 9.
calamo aquatico textas , selon Diodore de Sicile (1). A la rotondité près, qui ne reconnaîtrait les chaumières de Picardie ?
Quelle idée ces abris, qu'on doit regarder comme des besoins de première nécessité, peuvent-ils nous donner des oppides bclgiques? H est prouvé que la Belgique avait été envahie par des peuples de Germanie; or, les Germains n'avaient point de villes, nul las Gcrmanorum populis urbes habitari Matin notum est (2); ils ne pouvaient même souffrir un assemblage de maisons contigues , ne pati quidem inter se junctas sedes ; ils les regardaient comme des prisons , oppida ut ciroumdata retihut oppida déclinant. Les Bretons, ces peuples qui avaient une origine belgique, appelaient Oppides un certain espace de forêts, défendu par un fossé et une redoute , oppidum autem Britanni vocant cum s y Iras impedita* callo fossaque munierunt (3). Les Horins ainsi que les Ménapiens et les Nerviens leurs voisins conservèrent plus longtemps qu'aucun autre peuple de la Belgique cette façon de se mettre à l'abri des efforts de l'ennemi ; en effet , lorsque César vint pour attaquer les Morins, ils se retranchèrent dans l'endroit le plus épais de leurs forêts et dans leurs marais impraticables à la cavalerie ; mais la plus grande partie de ces forêts ayant été abattue par les Bomains et la grande sécheresse qui survint donnèrent la facilité à Labienus de les mettre a la raison (4i).
Les Belges méridionaux et orientaux avaient des Oppides (5) fortifiés , partie de bois, partie de pierres, partie de terre : on couchait les unes sur les autres de longues pièces de bois équarries, à la distance de deux pieds, jusqu'à la hauteur qu'on voulait donner au mur ; d'autres pièces placées en travers empêchaient que les premières ne s'écartassent ; celles-ci étaient revêtues d'un placage de terre : l'intérieur de cet assemblage était garni de blocs de pierres qui serraient les poutres et donnaient à l'ouvrage une très-grande solidité. C'est ainsi que Samarobrive et Vermand , oppides des Amiénois et des Vcrmandois , l'un et l'autre situés sur les bords de la Somme ; le Bratus ponce des Bellovaces , bâti au confluent du Terain et de l'Avelon ; le Noviodunum des Soissonnois ; enfin , le Bibrax des Bernois étaient construits , lorsque les Bomains pénétrèrent dans la Belgique. Quoiqu'il en soit de ce genre de construction , on peut dire que ces villes étaient bâties de façon à ne pas laisser à la postérité des marques de leur existence, ainsi il n'est pas surprenant que l'on ne trouve aujourd'hui aucun vestige même de leur emplacement.
(I) Diod. sicul. il) De Bell.Gill.. I. «. c. 7.
(*) Taeil. , de Motib. Germ. . e. M. (i) Ibid. , I. 7 , c. S.
il) Amn. Mircfll.. I. 18, f. t.